‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 455 sur 689 · ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE L'HÉRÉDITÉ TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE L'HÉRÉDITÉ TUBERCULEUSE

le nombre des cas de tuberculose congénitale ou de la toute première enfance devrait l'emporter, et de beaucoup, sur celui des casse répartissant sur les autres périodes de la vie extra-utérine. *

Telles sont les conclusions qui, selon moi, ressortent de l'étude, sans idée préconçue, des faits cliniques et des documents statistiques empruntés à la médecine humaine et vétérinaire. L'expérimentation est intervenue, à son tour, dans l'étude de cette question capitale et on verra que ses enseignements déposent dans le même sens que celui queje viens d'indiquer : dans la tuberculose, l'infection fœtale est possible, elle est incontestable, mais elle demeure une exception.

Landouzy et Hip. Martin, sur un fœtus né à 6 mois et demi, d'une femme tuberculeuse, constatèrent que tous les viscères étaient, en apparence, absolument sains. Un fragment de poumon de ce fœtus fut inoculé dans le péritoine d'un cobaye, qui mourut quatre mois et demi après et qui présentait une « magnifique tuberculose » généralisée, très étendue. — Une femme enceinte au cinquième mois meurt de phtisie laryngée et pulmonaire; le fœtus est sain en apparence; 20 à 30 gouttes du sang de ce fœtus, puisé dans le cœur, sont injectés dans le péritoine d'un cobaye, qui meurt deux mois après « avec une belle tuberculose généralisée ». Un autre cobaye, inoculé avec un fragment de placenta fœtal, mourut également tuberculeux.

Une femelle de cobaye tuberculeuse met bas un petit d'apparence bien portant et qui, sacrifié, paraît sain à l'autopsie; on prend un petit cube central dans un de ses poumons et on l'introduit dans le péritoine d'un cobaye ; un fragment de foie est inoculé dans le péritoine d'un autre cobaye : les deux cobayes meurent tuberculeux'.

Ces expériences, portant sur deux fœtus humains et un fœtus de cobaye, donnèrent donc, dans les trois cas, des résultats positifs, ce qui autoriserait à admettre que, chez la femme et la femelle du cobaye, la tuberculose se transmet régulièrement de la mère au fœtus, à la façon du charbon, du choléra des poules ou d'autres maladies virulentes aiguës.

Ces expériences, en si petit nombre et néanmoins réguliè-

1. Landouzy et Martin, Faits pour servir à l'hércdité de la tuberculose {Revue de médecine, 1883, p. 1014).

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