VIRULENCE TUBERCULEUSE DU SPERME
de deux cobayes tuberculeux; elles donnèrent également des résultats positifs. Dans un travail ultérieur, ils répétèrent ces expériences, les unes avec des résultats positifs, les autres sans résultats; les inoculations positives s'obtenaient surtout avec du « sperme » ou du tissu testiculaire pris sur des cobayes atteints de tuberculose très avancée ou morts de la maladie
Ces expériences de Landouzy et Martin ne sont également pas à l'abri de la critique. Il faut d'abord faire remarquer qu'en réalité, en inoculant le contenu des vésicules séminales du cobaye, ces expérimentateurs n'inoculaient pas, comme ils le pensaient, du sperme; les vésicules séminales, chez ces animaux, ne renferment en eflfet que du mucus épais, sans aucun spermatozoïde. Si l'on veut recueillir du sperme chez les cobayes, il faut le chercher dans le canal déférent. D'autre part, un des cobayes inoculés mourut, six jours après l'inoculation de sperme, avec des lésions tuberculeuses du péritoine extrêmement accvisées. Une telle rapidité dans l'évolution de la tuberculose expérimentale^ chez le cobaye, est tout à fait insolite et fait soupçonner, comme le fait remarquer Gartner, quelque contamination antérieure.
Rohlff préleva, sur des cadavres d'hommes phtisiques, du sperme à l'aide d'un fil de platine qu'il introduisit dans la chambre antérieure de l'œil de chèvres et de lapins ; dix expériences de ce genre demeurèrent sans résultats; les animaux, sacrifiés généralement au bout de sept semaines, ne présentèrent pas de tuberculose ". Ces expériences négatives de Rohlff soulèvent également des objections; la quantité de sperme inoculée était bien faible, puisqu'elle tenait dans une anse de fil de platine ; les chèvres employées étaient des animaux bien mal choisis, puisqu'elles sont, sinon réfractaires, du moins très résistantes à la tuberculose ; enfin les lapins inoculés étaient sacrifiés au bout d'un laps de temps trop court.
Jani, dans un travail déjà mentionné fait sous la direction de Weigert, a examiné le sperme contenu dans la vésicule séminale sur les cadavres de neuf phtisiques, sans pouvoir, par
d. Lan'douzy et Martin, Sur quelques faits expérimentaux relatifs à l'histoire de l'hérédo-tuberculose, in Verneuil, Études e.rpcrim. et cliniques sur la tuberculose, t. 1, 1887, p. S9.
2. Rohlff, Beitrilgc zur Frage von der Erhlichkeit der Tuberkuloso {Dissert, înaiig. Kiei, 188S), d'après l'analyse du Jahresbericht de Baumgarten.