‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 469 sur 689 · CRITIQUE DE CES EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE CES EXPÉRIENCES

bacilles toutefois ne s'y trouvent qu'exceptionnellement et en très petit nombre, comme le montre la longue durée de la survie chez les animaux inoculés avec succès (4, 6, 8 mois, 1 an). Rien ne s'oppose à admettre que les choses se passent de la même façon chez l'homme tuberculeux.

Mais de ce que, dans des cas exceptionnels, des bacilles peuvent se rencontrer, par unités, dans le sperme des phtisiques, il ne s'ensuit nullement que l'on soit autorisé à conclure à la possibilité d'une infection ovulaire par ce sperme. Les chiffres suivants, empruntés au travail de Gartner, mettent en lumière l'invraisemblance d'une semblable hypothèse. Dans une communication faite à la Société impériale-royale des médecins de Vienne, Lode a montré qu'un millimètre cube de sperme humain contient environ 60780 spermatozoïdes ; le poids moyen d'une éjaculation étant de 3°'",373, le produit de chaque éjaculation contient donc environ 2262S7900 spermatozoïdes. En admettant que la matière d'une éjaculation contienne dix bacilles tuberculeux (ce qui est sans doute un nombre excessif), il s'y trouverait un bacille pour 22 millions et demi de spermatozoïdes. Or, comme l'on sait que la fécondation est effectuée par un seul spermatozoïde, les chances d'infection tuberculeuse de l'ovule, créées de ce chef, sont de 1 sur 22 millions et demi, c'est-à-dire à peu près nulles.

Si ces chances sont à ce point minimes quand il s'agit de l'infection ovulaire parle sperme provenant d'un tuberculeux avéré, que penser de la possibilité, admise par certains auteurs, de l'infection de l'œuf par le sperme d'un individu sain, mais en puissance de tuberculose dite « latente » ; c'est de cette façon en effet qu'on a tenté d'expliquer les cas oii l'hérédité « saute une génération ». Quand le nombre des bacilles existant dans le corps d'un individu est tellement faible que les effets qu'ils provoquent comportent la plénitude de la santé, pendant toute la vie, comment admettre qu'un de ces bacilles puisse pénétrer néanmoins dans le sperme et soit précisément transporté, avec le spermatozoïde fécondant, dans l'ovule? Les probabilités d'une semblable éventualité défient tous les chiffres et il serait presque puéril de vouloir expliquer de cette façon comment l'hérédité semble franchir parfois une génération.

Gartner a fait féconder un certain nombre de lapines et de

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