INFECTION DES FEMELLES PAR LE MALE TUBERCULEUX
femelles de cobayes saines par des mâles inoculés de la tuberculose dans le testicule, afin d'augmenter l'infectiosité du sperme. Ces expériences portèrent sur 59 lapines, mises à cohabiter avec 22 lapins ainsi inoculés et sur 65 femelles de cobayes, fécondées également par 21 mâles atteints de tuberculose testiculaire. Les fœtus, mort-nés ou vivants, furent injectés dans le péritoine de cobayes; aucun de ces animaux ne devint tuberculeux. Un certain nombre de petits venus au monde vivants furent conservés pendant près d'un an, après avoir été soustraits aussitôt que possible au contact des parents; chez aucun on ne vit se développer la tuberculose. Ainsi ces expériences ont toutes été négatives au point de vue de la possibilité d'une infection ovulaire par du sperme tuberculeux.
S'il fut impossible à Gartner d'obtenir des petits tuberculeux en faisant féconder des femelles saines par des cobayes inoculés de tuberculose dans le testicule, en revanche il obtint un autre résultat positif, intéressant : il constata qu'un certain nombre de femelles, soumises au coït avec des mâles atteints de tuberculose testiculaire, devenaient elles-mêmes tuberculeuses. Sur 65 cobayes femelles, ayant cohabité avec des mâles de cette sorte, 5 moururent de tuberculose dont le point de départ était le vagin. Dans ces S cas, on observait à l'autopsie des tubercules assez discrets, disséminés dans le foie, la rate et les poumons, tandis que le vagin, « d'une consistance cartilagineuse, était rempli de niasses caséeuses, jaunâtres, riches en bacilles; des cordons lymphatiques infiltrés de tubercules s'en détachaient pour se diriger à l'intérieur de la cavité abdominale ». Sur 59 lapines soumises à la même expérience, 9 présentèrent également une tuberculose vaginale et utérine tellement accusée, qu'il était évident que là se trouvait la porte d'entrée de la maladie. Ces expériences établissent donc que « la cohabitation avec des mâles atteints de tuberculose testiculaire est une source manifeste d'infection pour les femelles ». Nous aurons à revenir sur ces faits quand nous traiterons de l'infection tuberculeuse par les voies génitales chez l'homme.
Récapitulons, d'un façon sommaire, les principales données qui, selon nous, se dégagent de cette longue étude sur l'hérédité tuberculeuse. L'observation clinique, les enseignements de la