NOUVELLE PREUVE DE L'INFECTION PAR L'AIR
(dans les prisons et les établissements analogues) doit tenir à d'autres conditions encore que la dissémination des crachats desséchés et la présence des bacilles dans la poussière des planchers et des murs* ». Les données négatives apportées par cet observateur paraissent trop peu nombreuses pour permettre d'accepter sans réserves ses conclusions. La désinfection des prisons, pour produire des effets appréciables au point de vue de la statistique, aurait besoin sans doute d'être pratiquée pendant un plus long espace de temps que deux années seulement.
On voit donc que Cornet, dans ces recherches qui eurent un grand retentissement, a montré que des bacilles tuberculeux peuvent exister, à l'état virulent, dans les poussières de l'air des locaux habités par les phtisiques. Il en concluait que ces poussières peuvent s'engager dans les voies respiratoires des individus qui vivent au contaci des phtisiques et les infecter ainsi à leur tour. Hypothèse parfaitement plausible, mais qui n'est en somme qu'une hypothèse : la preuve directe manquait, montrant que ces poussières virulentes pénètrent en effet dans les voies respiratoires des individus exposés à les inhaler. Dans des recherches que j'ai faites récemment, j'ai pu serrer le problème de plus près et fournir cette preuve d'une façon tout à fait décisive"".
J'ai réussi en effet à mettre en évidence la présence de bacilles tuberculeux virulents à l'intérieur de la cavité nasale d'individus sains, fréquentant des locaux habités par des phtisiques. Mes expériences ont été faites à rh(3pital de la Charité et en partie à l'hôpital Laënnec sur des infirmiers et des infirmières parfaitement bien portants ; elles ont porté aussi sur des malades atteints d'affections n'ayant rien de commun avec la tuberculose, mais qui avaient séjourné à l'hôpital depuis un temps assez long, enfin elles ont été faites également sur un certain nombre d'élèves attachés à mon service.
Chez ces différents sujets, j'ai recueilli les poussières, les particules solides et les mucosités contenues dans la cavité na-
1. KusTERMANN, Ucber das Vorkommen dcr Tubcrkolbacillen ausserhalb des Kdrpcrs in Gefiingnissen [Milnchner med. Woc/iensch., 1891, n"'' 44 et 45).
Straus, Sur la présence du bacille do la tuberculose dans les cavités nasales de l'homme sain [Bulletin de l'Acad. de nicd., 1894, séance du 3 juillet). — {Arch. de méd. expérim. et d'anal. pathoL, 1894, p. 633).