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Ainsi, sur 29 individus, sains ou du moins absolument indemnes de tout soupçon de tuberculose, mais séjournant plus ou moins longtemps dans les salles d'hôpital, 9 hébergeaient le bacille de la tuberculose, pleinement virulent, dans les cavités nasales. Nous nous trouvons donc en présence, non pas d'une éventualité rare, exceptionnelle, mais d'un fait fréquent, puisque dans les 29 cas relatés ci-dessus, les cas positifs figurent dans la proportion inattendue d'un tiers. Parmi ces cas positifs, 6 se rapportaient à des infirmiers vivant constamment à l'hôpital, balayant les salles, secouant les objets de literie; sur 3 malades atteints d'affections chroniques non tuberculeuses, mais ayant séjourné depuis plusieurs mois à l'hôpital, 1 donna un résultat positif; enfin, parmi 7 élèves du service, élèves qui généralement ne passent que quelques heures par jour à l'hôpital, 2 (dont l'interne du service) avaient des bacilles virulents de la tuberculose dans leur cavité nasale'.
Ainsi se précisent nos notions sur l'infection tuberculeuse de l'homme par les voies respiratoires. Les travaux initiateurs de Villemin et de Koch nous ont appris à regarder les crachats des phtisiques desséchés et flottant dans l'air comme les agents par excellence de la dissémination et de l'infection tuberculeuse. La localisation primitive, si commune chez I homme, de la tuberculose sur l'appareil pulmonaire semble bien indiquer aussi que, dans la plupart des cas, c'est par inhalation que l'infection s'effectue. Les expériences de Cornet ont montré que l'air des locaux habités par des phtisiques peut charrier des poussières douées de virulence tuberculeuse. Mes recherches ont fait faire un pas de plus à la question. Il ne s'agit plus simplement de constater que, dans les salles d'hôpital et dans les appartements occupés par des phtisiques, l'air peut servir de véhicule à des poussières chargées de bacilles -de la tuberculose. Nous savons désormais que ces bacilles pénètrent et séjournent, avec la plénitude de leur virulence, dans la cavité des fosses nasales, chez des individus du reste absolument sains, mais vivant pendant un temps plus ou moins long dans l'entourage des phtisiques.
1. On a vu plus haut, au chapitre XV, un certain nombre de documents statistiques établissant la grande mortalité, par tuberculose, des infirmiers civils et militaires et des sœurs de charité, ainsi que la fréquence de la phtisie, comme affection terminale, chez les malades condamnés à un long séjour dans les hôpitaux ; les tabétiques, les paralytiques, les rhumatisants chroniques.