‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 492 sur 689 · DE GERMES TUBERCULEUX DANS L'AIR · texte numérisé non relu

DE GERMES TUBERCULEUX DANS L'AIR

Il n'est pas besoin d'insister sur la portée de ces faits non veaux. Ils établissent, d'une façon directe et démonstrative, combien sont abondants les germes de la tuberculose dans l'atmosphère des milieux habités par les phtisiques. Ils nous permettent en outre de saisir sur le vif l'infection par inhalation chez l'homme, et sa première étape à l'entrée des voies respiratoires.

Les cavités nasales, avec leurs parois humides et anfractueuses, les poils qui les garnissent et l'ensemble de leur disposition anatomique constituent une sorte de barrière pour les poussières et les particules solides qui pénètrent avec l'air pendant l'inspiration. Ces poussières, y compris les germes desséchés flottant dans l'air, sont arrêtées en grande partie et fixées dans la cavité nasale, qui joue exactement le rCAe des bourres filtrantes de coton employées, depuis les travaux de Pasteur, pour l'analyse bactériologique de l'air. Les fosses nasales peuvent de la sorte être considérées comme un appareil de protection arrêtant les microbes et les empêchant de pénétrer dans les voies respiratoires profondes. Le fait de se moucher, l'éternûment, les mouvements des cils vibratiles de l'épithélium de la muqueuse sont autant d'actes tutélaires et qui s'opposent à la pénétration plus avant des microbes. L'action bactéricide du mucus nasal, démontrée dans mon laboi'atoire par les recherches de Wurtz et de Lermoyez, est sans doute aussi un facteur qui intervient dans cet ensemble de moyens de défense'. La rareté relative des cas de tuberculose nasale, surtout de tuberculose nasale primitive, montre bien que ces moyens de défense sont le plus souvent efficaces et que la muqueuse des fosses nasales n'est pas un terrain favorable à la végétation du bacille de Koch^. Mais les faits que je viens de signaler montrent aussi que ce bacille peut séjourner plus ou moins longtemps avec toute sa virulence dans les cavités nasales de

1. R. Wurtz et Lermoyez, Du rôle bactéricide du mucus nasal. (C. R. de la Soc. de BioL, 1893, p. 756).

2. Avec les progrès de la rhinologie et l'extension croissante des recherches bactériologiques, le nombre des cas publiés de tuberculose primitive des fosses nasales va se multipliant de plus en plus. Hajek a constaté que, dans bon nombre de cas, autrefois décrits sous la rubrique d'ozène simple ou syphilitique, on peut déceler la présence du bacille de la tuberculose. Seitt'ert, Cartaz, Plicque, Lermoyez, etc., insistent également sur la fréquence, plus grande qu'on ne le croit en général, de la tuberculose primitive du nez. Il existe aussi une variété assez commune de tuberculose nasale, le lupus primitif des fosses nasales. Malgré ces constatations, la tuberculose des fosses nasales demeure, somme toute, un fait exceptionnel.

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