L'AIR EXPIRÉ PAR LES PHTISIQUES
expiré rendent déjà bien suspects les résultats annoncés, il y a quelques années, par Giboux. Deux lapins issus de parents sains sont placés dans une caisse dans laquelle on introduit journellement, pendant trois mois, 20 à 25 litres d'air expiré par des phtisiques et recueilli dans une vessie de caoutchouc; dans une autre caisse, deux lapins de la même portée sont traités de la môme façon, mais l'air expiré par les phtisiques, au lieu d'y pénétrer directement, est obligé de traverser une couche de ouate phéniquée, renouvelée à chaque opération. Chez les deux premiers lapins, il se produisit de l'anorexie, de la diarrhée, une cachexie profonde, et ils succombèrent, le poumon, la rate et le foie farcis de tubercules. Au contraire, les deux autres lapins ne présentèrent aucun symptôme morbide, et l'autopsie ne révéla chez eux aucune lésion'. Il est bien difficile de ne pas admettre que ces résultats, d'une netteté tout à fait schématique, ne soient dus à quelque cause d'erreur. Ces expériences demeurent absolument isolées et sont contredites par la plupart des nombreuses recherches faites dans la môme direction. Des réserves de même ordre doivent être formulées au sujet des recherches de Ransome, qui dit avoir pu déceler, par l'examen microscopique, la présence de bacilles de la tuberculose dans l'air expiré par des phtisiques avancés, air dont la vapeur d'eau était condensée à l'aide de la glace il en est de même des constatations analogues de Smith, qui faisait passer l'air expiré par des phtisiques à travers des bourres de coton qu'il dissolvait ensuite dans l'éther pour faciliter la recherche des bacilles. Celli et Guarnieri recueillirent l'eau de condensation provenant de l'air expiré par des phtisiques; ni l'examen microscopique ni l'inoculation n'y révélèrent la présence du bacille de la tuberculose. Soumis à l'évaporation ou à l'ébullition, les crachats ne laissent jamais échapper de bacilles; l'air qui se meut à leur surface ou qui les traverse par barbotage ne s'en charge ■pas non plus. Celli et Guarnieri en concluent que l'haleine des phtisiques est incapable d'émettre dans l 'air ambiant des bacilles^
1. Giboux, Inoculabilité de la tuberculose pai" la respiration des phtisiques [C. R. de l'Acad. des sciences, 1882, t. 92, p. 1391).
2. R-vNSOME, Note on the discovery of Bacilli in the condensed aqucous vapour of the breath of persons atfcctcd with phtisis [Brit. med.'Journ., 16 déccmljre 1883).
3. Celli et Gqarnieri, Intorno alla profilassi délia tuberculosi [Archivio per le scienze med., 1883, t. 7, p. 233).