N'A PAS DE VIRULENCE TUBERCULEUSE
Fr. Millier fit projeter par des phtisiques, contre des plaques de verre enduites de glycérine, l'air qu'ils expiraient; il fit aussi passer cet air dans de l'eau; enfin il recueillit l'eau de condensation provenant de la réfrigération de l'air expiré : jamais il ne put constater dans ces produits la présence de bacilles de la tuberculose'. Sormani et Brugnatelli firent des expériences analogues, avec des résultats constamment négatifs-. Charrin et Karth ont fait aussi arriver l'air expiré par deux phtisiques sur des plaques de verre enduites de glycérine et malgré de nombreuses préparations ils n'ont obtenu que des résultats négatifs ''. Grancher, dans une discussion sur la tuberculose, fait ressortir le rôle dos crachats desséchés dans la contagion de la maladie et déclare, sans entrer dans le détail des expériences, que « les animaux auxquels il a fait inhaler l'air expiré par des phtisiques n'ont jamais présenté aucune lésion tuberculeuse ».
Cadéac et Malet ont fait à ce sujet des expériences nombreuses et bien instituées. Ils se sont servis d'un sac de caoutchouc, de la capacité de 45 à 50 litres, pourvu d'un robinet; un phtisique gonflait la moitié de ce sac en y envoyant l'air qu'il expirait; on achevait de le remplir ensuite avec de l'air atmosphérique pur, de manière à obtenir un mélange gazeux respirable. On faisait inhaler ce mélange une ou deux fois par jour, pendant une heure chaque fois, à des lapins, à l'aide d'une muselière construite sur le modèle de celle de P. Bert pour i'anesthésie par la méthode dite des mélanges titrés. Ces inhalations furent pratiquées un très grand nombre de fois sur des lapins sains ainsi que sur des lapins chez lesquels on avait provoqué une inflammation catarrhale des bronches en leur faisant respirer pendant cinq minutes des vapeurs de brome : aucun de ces animaux ne contracta la tuberculose. Les mêmes expérimentateurs placèrent des lapins et des cobayes sains d'une part, des lapins et des cobayes tuberculeux d'autre part dans une caisse divisée en deux compartiments par une double cloison en toile métallique. Grâce à ce dispositif, les animaux sains et
1. Fr. MiiLLER, Ueber die diagnotische Bedeutung der Tuberkelbacillen, Wurzbourg, 1883.
2. Sormani et Brugnatelli, Studi sperimentali sul bacillo délia tuberculosi,
3. Charrin et Karth, Virulence de la tuberculose suivant les humeurs ot les tissus des tuberculeux {Revue de médecine, 188o, p. 659).