‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 510 sur 689 · RÉCEPTIVITÉ DES DIVERSES ESPÈCES ANIMALES · texte numérisé non relu

RÉCEPTIVITÉ DES DIVERSES ESPÈCES ANIMALES

d'autres reçurent, en même temps que les crachats, une solution diluée de carbonate de soude ou d'ammoniaque destinée à neutraliser le suc gastrique.

Les résultats de ces expériences furent les suivants : les lapins soumis à l'ingestion pure et simple de crachats tuberculeux présentèrent une tuberculose des ganglions mésentériques, avec présence de bacilles; l'ingestion de petites quantités de crachats ne fut suivie d'aucun elTet ; il fallut une ingestion plusieurs fois répétée de quantités notables de crachats pour provoquer, outre la tuberculose mésentérique, des tubercules de l'intestin, parfois aussi de la rate et du foie. L'ingestion de crachats desséchés et putréfiés provoqua également, quoique moins sûrement, la tuberculose des ganglions mésentériques. Les lapins qui avalèrent des crachats mêlés de bicarbonate de soude présentèrent presque tous une tuberculose mésentérique et intestinale. Tous les animaux qui survécurent à l'opération de l'injection directe des produits tuberculeux dans l'iléon ou le cœcum succombèrent plus tard, avec des lésions tuberculeuses très étendues de la muqueuse intestinale, des ganglions mésentériques et des divers viscères. L'injection directe, dans l'intestin, de crachats putréfiés, desséchés ou soumis à l'action des divers sucs digestifs artificiels, provoqua, quoique moins régulièrement, la tuberculose. Wesener attribue la résistance qu'opposent à l'action des sucs digestifs les crachats ingérés ou injectés à la présence de spores, dont l'existence était, à cette époque, universellement admise.

De l'ensemble de ces recherches' se dégage d'une façon incontestable le fait expérimental, mis en évidence pour la première fois par Chauveau, à savoir que l'ingestion de produits tuberculeux est susceptible d'engendrer la tuberculose. La réceptivité des différentes espèces animales pour ce mode d'infection tuberculeuse est variable ; elle est plus grande pour les ruminants (bœufs, moutons, chèvres) que pour les carnassiers (chats, chiens); le porc paraît relativement facile à infecter; les rongeurs (lapins, cobayes) contractent également avec facilité la tuberculose par les voies digestives. L'infection semble plus aisée

1. Je n'ai pas mentionné, dans cet exposé, les expériences dans lesquelles on a fait ingériîr des produits tuberculeux à des oiseaux, particulièrement à des poules. Il en a été question plus haut au chapitre XIII.

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