CAUSES FAVORISANT L'INFECTION PAR L'INTESTIN
à ^obtenir chez les sujets jeunes que chez les vieux animaux. Si l'on fait un relevé des diverses expériences, comme Biedert s'en est acquitté avec un soin particulier', on constate que le nombre des cas négatifs, à la suite de l'ingestion même prolongée de produits tuberculeux, chez les animaux très réceptifs, ne laisse pas que d'être considérable. Gela prouve la nécessité, pour la réussite de l'expérience, de conditions dont la plupart nous échappent encore. Il est probable que des troubles préalables de la fonction digestive, en diminuant la résistance de l'épithélium, favorisent la pénétration des bacilles et l'infection tuberculeuse. Ainsi que l'ont montré les expériences de Falk, de Wesener (p. 209), celles que j'ai faites avec Wurtz, le suc gastrique est incapable d'exercer une action destructive bien appréciable sur les bacilles de la tuberculose ; puisque nous avons reconnu que des cultures pures du bacille mises en contact avec le suc gastrique du chien pendant dix-huit heures paraissent encore vivantes et virulentes au bout de ce temps. La résistance, en somme assez grande, que les animaux opposent à la pénétration des bacilles par les voies digestives doit donc tenir surtout à la protection du revêtement épithélial de la muqueuse.
La tuberculose provoquée par ingestion se caractérise, ainsi que Chauveau déjà l'avait mis en relief, par une localisation spéciale : les lésions initiales et les plus accusées se manifestent d'abord sur l'appareil lymphoïde de l'intestin (follicules isolés et plaques de Peyer), les ganglions mésentériques, puis sur les glandes lymphatiques des autres régions, la rate et le foie; les poumons ne sont pris que plus tardivement et d'une façon moins prononcée. Les ulcérations intestinales sont loin d'être constantes; assez souvent, la muqueuse de l'intestin paraît tout à fait saine, alors que l'infection se traduit cependant par la présence de tubercules dans les ganglions mésentériques. Dobroklonski, dans un travail fait au laboratoire de Cornil, a montré que des cobayes auxquels on fait ingérer des cultures pures du bacille de la tuberculose peuvent déjà présenter, au bout de quatre à six jours, des bacilles dans les ganglions mésentériques et dans l'épaisseur des parois intestinales, sans
1. BiEDiiRT, Die Tuberculose des Darms und des lymphatischen Apparates {Jahrbudi der Kinder/ieilkmide, 1884, Bd 21, p. 158).