PROVENANT DE VACHES PHTISIQUES
expériences donnèrent un résultat négatif; le lait ne se montra virulent que dans un seul cas, où il provenaitd'une vacheatteinte de tuberculose miliaire généralisée et chez laquelle des tubercules existaient dans les mamelles. La cuisson du lait, telle qu'elle est pratiquée couramment, se montra suffisante pour kii enlever toute virulence, même dans les cas oii on y avait à dessein mêlé des produits tuberculeux broyés' .
Stein fit, également sous la direction de Bollinger, des inoculations intra-péritonéales de lait provenant de 18 vaches pommelières, sur des lapins; dans 4 cas seulement, il obtint des résultats positifs, et les vaches qui avaient fourni le lait étaient atteintes de tuberculose très avancée ^
En 1884, Hip. Martin publia des résultats surprenants : il fit acheter du lait aux laitières installées sous les portes cochères des rues de Paris; il injecta de ce lait, pris au hasard, dans le péritoine de cobayes, à la dose de un centimètre cube seulement. Sur neuf inoculations, trois se montrèrent positives, d'où l'auteur tire cette conclusion véritablement effrayante : « Le lait pris au hasard à la source où s'alimente la majorité de la population parisienne semble provenir une fois sur trois de vaches atteintes de tuberculose^. C'est là une conclusion heureusement très exagérée, et il n'est pas douteux qu'il a dû se glisser dans les expériences d'Hip. Martin quelque cause d'erreur : les expériences faites avant et après lui sont toutes unanimes à montrer que, même dans les cas où le lait provient d'une bête sûrement et profondément tuberculeuse, l'inoculation de ce lait ne réussit que dans une proportion infiniment plus faible.
Le lait de provenance tuberculeuse et la tuberculose mammaire chez la vache ont été l'objet d'une série de travaux dus à Bang, de Copenhague. Au Congrès international de cette ville, en 1884, il appela l'attention sur ce fait que la mammite tuberculeuse, quoique loin d'être commune, n'est cependant pas très rare. La maladie commence habituellement par la
1. May, Ueber die Infcctiositàt dor Milch perlsuchtiger Kiihe {Arch. f. Hygiène 1883, Bd. 1, p. 121).
2. Stein, Exper. Beitràge zur Infection der Milch pcrlsUchtigcr Kulie (Dissert, inau'j., Berlin, 1884).
3. Hip. Martin, Recherches ayant pour but de démontrer la fréquence de la tuberculose consécutive à l'inoculation du lait vendu, à Paris, sous les portes cochères (Revue de médecine, 1884, p. lo6).