DANS LA PHTISIE PULMONAIRE
dans le poumon des phtisiques, à côté du bacille spécifique d'autres organismes pathogènes... Ils peuvent faire naître, pour leur compte, dans le poumon, des inflammations plus ou moins aiguës qui diffèrent assurément par leur origine, leur histogénèse, leurs caractères anatomiques et leur évolution... Dans ce cas, on se trouve en présence de processus mixtes... Quand les microcoques pathogènes combinent leur action avec les bacilles, on conçoit que la marche de la tuberculose puisse s'en trouver singulièrement modifiée ; cette multiplicité des germes rend l'étude des pneumonies pérituberculeuses extrêmement difficile'. »
Babes a étudié depuis quelques-unes de ces associations bactériennes chez les enfants. Sur 93 autopsies faites à l'hôpital des enfants de Bucarest, il constata dans 65 cas l'existence d'une tuberculose plus ou moins accusée des ganglions du cou, du médiastin ou des grosses bronches; mais dans 10 seulement de ces cas, c'était la tuberculose qui avait occasionné la mort ; dans les autres cas, celle-ci aurait été provoquée par des microbes étrangers associés au bacille de la tuberculose, mais auxquels seraient imputables les lésions terminales et l'issue funeste. Ces bacilles ont été isolés et déterminés par la culture, et Babes en donne la description détaillée. Lorsque la mort a eu lieu par pneumonie, par pleurésie, par méningite ou par péritonite, le microbe qui se rencontrait le plus souvent à côté du bacille de la tuberculose était le pneumocoque, plus rarement le bacillus pneumonise de Friedlânder; quand il s'agissait de complications suppuratives, on trouvait les divers microbes de la suppuration : le streptocoque pyogène, le staphylocoque doré ou blanc, plusieurs fois le bacillus pyogenes fetidus. Presque toujours ces microbes se retrouvaient aussi dans les ganglions tuberculeux qui paraissaient le point de départ de la maladie. Babes en conclut que la tuberculose facilite l'invasion de l'organisme par d'autres microbes pathogènes; ceux-ci, à leur tour, pense-t-il, favoriseraient la dissémination du bacille de Koch et contribueraient à provoquer les poussées aiguës dans la tuberculosechronique et dans les tuberculoses latentes ganglionnaires'.
1. Grancher et HuTiNEL, article Phtisie du Diction, enci/cl. des se. inëd., 1887.
2. Babes, Sur les associations Ijactériennes de la tuberculose [Congrès pour l'étude de la <M6eî'ct^/o«e, Paris, 1888, p. 542).