LA PHTISIE PULMONAIRE ENVISAGÉE
Cornil et Babes reviennent plus tard sur les complications bactériennes survenant dans le cours de la tuberculose. « Ces complications, disent-ils, s'observent lorsque des ulcérations tuberculeuses des muqueuses, accessibles aux microbes de l'air, deviennent gangréneuses avec tendance aux hémorrhagies. C'est ce qu'on voit surtout au niveau des cavernes tuberculeuses. » Ils signalent de même, dans les foyers inflammatoires circumtuberculeux, la présence de divers microbes autres que celui de la tuberculose. « Dans toutes les pneumonies aiguës et subaiguës, soit lobulaires, soit limitées à un îlot autour des tubercules, dans les diverses formes de la pneumonie caséeuse, on trouve toujours une grande quantité de microcoques et bactéries appartenant à la pneumonie. Ils sont très faciles à voir sur les coupes du poumon traitées par la méthode de Gram '. »
Czaplewski ne doute pas que les nombreux microbes, outre celui de la tuberculose, que l'on rencontre dans les crachats, ne prennent une part importante dans l'évolution si variable de la phtisie pulmonaire, surtout dans la production des exacerbations fébriles. Ces accès éclatent d'une façon soudaine chez certains phtisiques habituellement apyrétiques, chez lesquels survient en même temps une expectoration abondante, pauvre en bacilles de la tuberculose, mais contenant une quantité extraordinaire de microbes étrangers. Il s'agirait dans ces cas d'une infection mixte survenant dans le cours de la tuberculose. Ou bien la mort arrive par le fait de cette infection surajoutée, ou bien le processus non tuberculeux ainsi provoqué aboutit à la résolution, même quand des portions très étendues du poumon ont été envahies. D'autres fois, ces portions ne tardent pas à être envahies par le processus tuberculeux auquel l'infection intercurrente a en quelque sorte préparé le terrain
Cornet, comme je l'ai déjà mentionné, a fait quelques recherches sur les microbes qui se rencontrent le plus communément dans les crachats, concurremment avec le bacille de la tuberculose. Il a surtout trouvé des streptocoques, dont il a déterminé les espèces différentes, parmi lesquelles certaines
1. CoRNiL et Babes, Les Bactéries, 2» édit., 1890* t. 2, p. 429 et 460.
2. Czaplewski, Die Untersuchunq des Auswurfs auf Tuberkelbacillen, léna, 1891p. 67.