‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 580 sur 689 · RÉSULTERAIT D'UNE INFECTION STREPTOCCIQUE · texte numérisé non relu

RÉSULTERAIT D'UNE INFECTION STREPTOCCIQUE

culose semblait avoir apporté une sanction souveraine et définitive. Faut-il décidément renoncer à cette conception qui semblait si solidement assise et revenir à un dualisme nouveau, commandé par des raisons d'ordre non seulement histologique, mais étiologique et bactériologique? Faut-il, par un retour imprévu aux idées de Virchow, séparer encore une fois les tubercules pulmonaires proprement dits des broncho-pneumonies circumluberculeuses et des pneumonies caséeuses ? La phtisie pulmonaire serait-elle, en effet, dans la majorité des cas, une infection mixte, où l'intervention des streptocoques, des pneumocoques et des microbes de la suppuration jouerait, non pas seulement un rôle accessoire et surajouté, mais un rôle essentiel, préparant en quelque sorte le terrain au bacille de la tuberculose qui n'entrerait en jeu, le plus souvent que secondairement, pour provoquer la transformation caséeuse de l'exsudat inflammatoire suscité par les microbes étrangers? La fièvre hectique, enfin, ce symptôme cardinal de la phtisie, relèverait-elle non du processus tuberculeux lui-même, mais d'une « septicémie », d'une infection streptococcique surajoutée?

Les recherches que j'ai poursuivies depuis quelque temps ne me permettent pas de souscrire à ces propositions \ Je commencerai par celles qui sont relatives à la fièvre hectique des phtisiques. Elles ont porté sur 13 phtisiques arrivés à la troisième période de la maladie et présentant la fièvre hectique caractéristique. Chez ces malades, je fis des prélèvements de sang par un procédé que j'emploie couramment depuis plusieurs années et qui consiste à prendre le sang directement dans la veine du pli du coude. Pour cela, le bras du malade est serré, au-dessus du coude, par une bande, comme pour l'opération de la saignée. On fait contracter le poing du malade pour rendre les veines saillantes. La peau du pli du coude est soigneusement désinfectée. Une seringue de Pravaz à piston de moelle de sureau, comme celle que nous avons imaginée, Collin et moi, a été préalablement stérilisée par le séjour dans l'eau bouillante ou à l'autoclave. On pique la veine, la pointe de l'aiguille dirigée vers l'avant-bras, et on aspire le sang dans la seringue. Celle-ci remplie, on défait la bande qui serre le bras, on retire

1. Straus, Tuberculose et infections secondaires. (Semaine me'dicale, 1894, p. 253).

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