‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 604 sur 689 · DU NEZ, DU PHARYNX, ETC · texte numérisé non relu

DU NEZ, DU PHARYNX, ETC

une sensation de prurit; plus tard, l'obstruction nasale peut devenir complète et fort pénible pour le malade.

Au début, le lupus primitif du nez est constitué par des granulations violacées, livides, tranchant sur la muqueuse environnante qui est rouge et œdématiée. Ces granulations sont molles et saignent facilement; rarement elles dépassent le volume d'un pois, simulant des polypes muqueux. Souvent ces granulations se détruisent pour donner lieu à des ulcérations qui ont des bords frangés, irréguliers, un fond grisâtre, peu profond. Les bords, souvent minces, décollés, sont entourés d'une zone hypérémiée, livide ; il n'est pas rare d'y voir des îlots de cicatrisation. Dans certains cas, il y a perforation du septum cartilagineux, mais qui ne peut être reconnue que par la sonde, car elle se cache le plus souvent sous des croûtes ou des amas de granulations exubérantes (Lermoyez). Le lupus secondaire du nez offre des caractères analogues au lupus primitif, mais on constate en plus les lésions caractéristiques du lupus de la peau, qui tantôt amène une tuméfaction avec épaississement de l'entrée des narines, tantôt une destruction totale de l'appendice nasal (nez de tête de mort).

Le lupus des muqueuses bucco-pharyngée et conjonctivale est presque toujours secondaire au lupus de la peau et d'autres muqueuses; toutefois il peut exceptionnellement être primitif. Le lupus primitif du larynx est excessivement rare; il n'en existe que quelques observations; le lupus secondaire du larynx survient tantôt par propagation d'une lésion lupcuse de la cavité pharyngo-nasale, tantôt chez un sujet atteint de lupus de la peau sans rapport direct avec le larynx*.

Le lupus vulgaire de la peau ou des muqueuses peut être considéré comme un type de lésion tuberculeuse. Si l'on examine à un très faible grossissement une coupe d'un morceau de peau fraîchement envahie par le lupus, coupe colorée au picro-carmin ou à l'hématoxyline (fig. 70), on voit dans la profondeur du derme épaissi, au-dessous des papilles, des nodules arrondis, plus ou moins réguliers, confluents par places, formés

1. Consulter : Marty, Le lupus du larynx {Thèse de Paris, 1888). — Luc, Tuberculose et lupus delà conjonctive {Thèse de Paris, 1883). — Homolle, Dos scrofiilides graves de la muqueuse bucco-pliaryngiennc {Thèse de Paris, 1873).

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