INFLUENCE DU NOMBRE DES BACILLES
localisées ou bénignes doivent leur caractère de bénignité, moins à la qualité même du virus, qu'à certaines particularités du terrain sur lequel ce virus se développe et à la réceptivité moindre des sujets ou des organes envahis. Dans ces conditions défavorables, le virus ne se cultive que péniblement et les produits pathologiques auxquels il donne naissance sont remarquables par leur pauvreté en bacilles. Ces bacilles peuvent même se trouver affaiblis dans leur virulence, sans qu'il s'agisse néanmoins, dans ces cas, d'une atténuation proprement dite. L'atténuation en effet, dans l'acception qu'il convient de lui attribuer depuis les travaux de Pasteur, est une propriété persistante et tenace, transmissible dans les générations successives; l'affaiblissement au contraire n'est qu'une particularité contingente, individuelle; qui peut disparaître dès la génération subséquente, lorsque celle-ci se retrouve placée dans les conditions normales. La virulence peu accusée des produits scrofuleux peut tenir à un affaiblissement de cette nature, à moins qu'on ne préfère l'expliquer plus naturellement encore, dans la grande majorité des cas, par le petit nombre des agents virulents que ces produits renferment.
L'influence exercée par le nombre des bacilles tuberculeux inoculés sur les effets de l'inoculation a été l'objet de diverses recherches expérimentales, dont la plupart avaient précisément pour but d'élucider cette question des rapports de la scrofule et de la tuberculose.
Il a déjà été question (p. 6t6) des effets de la dilution du lait tuberculeux sur sa virulence, effets étudiés parGebhardt. Il crut constater qu'une dilution de 1/100 à l/oO et môme à 1/40 suffisait pour abolir l'infectiosité du lait; j'ai signalé du reste les objections que comportaient ces expériences. Gebhardt fit des essais analogues sur les crachats tuberculeux et il s'assura qu'une dilution même à 1 p. 100000 ne fait pas disparaître la virulence de ces crachats pour le cobaye, quel que soit le mode d'inoculation (sous-cutanée, intra-péritonéale ou par inhalation). Des cultures pures de tuberculose diluées dans 400000 fois leur volume d'eau se montrèrent encore infectieuses. Plus le virus est dilué, plus la maladie provoquée chez le cobaye évolue lentement. D'après les numérations approximatives faites avec