‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 647 sur 689 · PAR LES CULTURES AFFAIBLIES · texte numérisé non relu

PAR LES CULTURES AFFAIBLIES

était représenté par une culture âgée de quatre à cinq ans, le virus d'épreuve par une culture fraîche de quinze jours, tuant le lapin par injection intra-veineuse en deux à trois semaines; entre ces termes extrêmes s'intercalaient huit degrés intermédiaires, de virulence croissante. Les inoculations préventives étaient faites à des intervalles de temps très espacés, d'où une très longue durée des expériences : un an, deux ans et au delà. D'une façon générale les lapins ainsi traités vivaient plus longtemps après l'inoculation d'épreuve que les témoins; ils mouraient cependant, quelquefois au bout d'un an seulement ou davantage, avec des tuberculoses locales (tumeurs blanches, foyers caséeux disséminés) reproduisant, dans une certaine mesure, les lésions de la scrofule articulaire ou viscérale de l'homme. Chez plusieurs animaux ayant survécu très longtemps , on constatait des lésions scléreuses ou dégénératives des reins, chez d'autres de laparaplégie, sanstubercules dans les organes. Ces altérations, pour Grancher et Hip. Martin, seraient d'origine non pas bacillaire mais toxique. « La substance toxique peut porter son action sur le système nerveux et y déterminer des paralysies; mais elle agit surtout sur le rein, à tel point qu'un animal qui, par le fait de la vaccination, est partiellement ou totalement réfractaire à la tuberculose virulente mortelle, est à peu près certain de mourir, tôt ou tard, de néphrite dont le type anatomique se retrouve dans laglomérulo-néphrite épithélialc consécutive, chez l'homme, à la scarlatine. » Quelques expériences faites dans les mêmes conditions, également chez le lapin, avec des cultures de tuberculose humaine, ont donné des résultats analogues. Un certain nombre de cobayes inoculés préalablement par des cultures affaiblies de tuberculose aviaire furent soumis à l'épreuve de l'inoculation d'une culture virulente de tuberculose humaine; ils moururent aussi vite et avec des lésions aussi accusées que les cobayes témoins; c la tuberculose aviaire ne semble donc pas vacciner le cobaye contre la tuberculose des mammifères. »

Ces expériences de Grancher et Hip. Martin mettent en évidence ce fait très intéressant que l'on peut habituer les lapins à des inoculations intra-veineuses et sous-cutanées de cultures de tuberculose affaiblies par le vieillissement et qu'on leur confère ainsi une résistance manifeste contre la tuberculose virulente mortelle. Il est vrai que ces expérimentateurs

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