‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 650 sur 689 · LA TUBERCULOSE AVIAIRE NE VACCINE PAS · texte numérisé non relu

LA TUBERCULOSE AVIAIRE NE VACCINE PAS

aviaire et la tuberculose des mammifo'res n'était pas faite et où l'on ignorait l'immunité des chiens à l'égard du bacille aviaire. J'essayai d'appliquer au cbien, pour la tuberculose, ce qui m'avait réussi pour la morve, c'est-àdire de le rendre réfi-actaire à la maladie par des inoculations intra-veineuses de bacilles virulents, à doses très faibles d'abord, puis graduellement croissantes. Un chien reçut dans les veines saphènes, dans les veines des membres antérieurs, puis dans les veines jugulaires, des doses d'abord très petites, puis progressivement croissantes, d'une culture de tuberculose sur gélose glycérinée (c'était une culture aviaire). Ce chien supporta parfaitement ces inoculations répétées pendant environ six mois, sans perdre de son poids, bien que les doses injectées en dernier lieu fussent excessivement fortes (la totalité d'un tube de culture). L'innocuité absolue de ces injections répétées me fit penser que les cultures dont je me servais étaient atténuées : pour m'en assurer, je recourus à l'emploi de produit tuberculeux nalurel et j'injectai au chien dans la veine une demi-seringue d'une émulsion faile avec la rate d'un cobaye qui venait de succomber à une tuberculose généralisée, provoquée par l'inoculation de crachats de phtisique. Ce chien mourut au bout de trois semaines, extrêmement amaigri; à l'autopsie, il présenta une luberculose généralisée de tous les viscères, et notamment des cavernules tuberculeuses des poumons, avec de nombreux bacilles. On voit donc que, malgré les doses très considérables de culture aviaire qu'il avait parfailement supportées, ce chien ne présenta aucune immunité à l'égard de l'inoculation ultérieure de la tuberculose humaine.

Exp. IL — Le 19 mars 1894, on injecte dans le péritoine d'un chien à longs poils, pesant 6''", 730, la dose énorme de 40 ce. d'une culture aviaire sur bouillon glycériné. Il supporte parfaitement cette dose excessive; il est gai et mange bien. Le 18 avril, on constate qu'un abcès souscutané s'est ouvert à la paroi abdominale, mais l'animal continue à se bien porter. Le 13 mai, le chien étant en parfait état, on lui injecte à nouveau dans la veine saphène 10 ce. de culture aviaire, qu'il supporte très bien. I-e chien est très vif et engraisse. Le 13 juillet, il pèse 7 kilogrammes. On lui injecte alors dans la veine saphène 1 ce. d'une émulsion fine de culture humaine. Il continue à se bien porter en apparence et à manger pendant une dizaine de jours, puis il commence à maigrir; le 3 août, il pèse 6'''', 120; le 6 août, il ne pèse plus que 5'''', 600; il est haletant, sa respiration est abdominale; il gémit et a du tirage; les yeux sont chassieux.

Le 9 août, le chien est mourant; il pèse b'^'',270; on le sacrifie. A l'autopsie, les poumons sont criblés de fines granulations grises, transparentes ; la'surface de la rate est aussi parsemée de granulations grises. Le foie et les reins paraissent sains. Le péritoine, tant pariétal que viscéral, est absolument sain (quoique quelques mois auparavant on ait injecté dans la cavité péritonéale la dose formidable de 40 ce. de culture aviaire!). Nombreux bacilles dans le frottis de la rate et du foie. On voit donc que l'inoculation préalable de culture aviaire, à dose extrêmement considérable, dans le péritoine et dans la veine, n'avait pas procuré à cet animal la moindre immunité à l'égard de la tuberculose humaine.

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