‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 651 sur 689 · LE CHIEN CONTRE LA TUBERCULOSE HUMAINE · texte numérisé non relu

LE CHIEN CONTRE LA TUBERCULOSE HUMAINE

Exp. III. — Le 19 mars 1894, on inocule dans la veine saphène d'un chien à longs poils, très fort, pesant 14'^'',600, une dose considérable (10 ce.) d'une émulsion de culture de tuberculose aviaire. Le 27 mai 1894, on injecte à nouveau dans la veine de ce chien, parfaitement bienportani, 10 ce. d'émulsion de culture aviaire. 11 continue à se bien porter; le 0 août, il pèse 15'''',S00; ce même jour, on lui injecte dans la saphène un demi-centimètre cube d'une émulsion très diluée de culture de tuberculose humaine. Il maigrit notablement; le 3 octobre, il ne pèse plus que 10'^'', 500 : on le sacrifie. A l'autopsie, on constate un semis de nombreux tubercules gris dans les poumons ; la rate est d'apparence normale; sur les reins, plusieurs tubercules, de la grosseur d'une lentille, à l'union de la substance corticale et des pyramides. L'inoculation antérieure, deux fois répétée et parfaitement supportée, de doses considérables de bacilles aviaires n'avait donc pas prémuni ce chien contre les effets de l'inoculation de très faibles doses de culture de tuberculose humaine.

Exp. IV. — Le 19 mars 1894, on injecte dans la veine sapliène d'un chien à poil ras, pesant 14'^'', 300, très fort, 10 ce. d'une émulsion dense de culture de tuberculose aviaire. Sa santé n'en parut nullement altérée. Le 27 mai, on lui injecte une nouvelle dose de 10 ce. d'émulsion de culture aviaire; il continue à se porter parfaitement. Le 6 août, il pesait 15'"', 500. On lui injecte, dans le péritoine, un demi-centimètre cube d'une émulsion assez dense de culture humaine. Ce chien maigrit profondément et perdit l'appétit; le 3 octobre, il pèse 9''", 500 : on le sacrifie. A l'autopsie, le péiitoine et les viscères abdominaux ne présentent aucun tubercule, mais les poumons en contiennent un nombre considérable et par places même on trouve de petites cavernes; le frottis du contenu de ces cavernes est riche en bacilles. Dans ce cas encore, l'inoculation antérieure, très bien suppoil,ée, de fortes doses de bacilles aviaires n'a pas immunisé le chien contre l'inoculation du bacille humain.

Héricourt et Richet, qui considéraient à un certain moment le chien comme très réfractaire à la tuberculose, transfusèrent du sang de chien dans le péritoine de lapins qu'ils inoculèrent ensuite, en même temps que des témoins, avec de la culture de tuberculose dont l'origine est assez indécise. Ils reconnaissent eux-mêmes que « le résultat de ces expériences a été assez médiocre : les témoins aussi bien que les transfusés ont fini par mourir presque tous, et finalement non seulement presque tous les transfusés sont morts, mais encore il a survécu quelques témoins. » Ces insuccès les ont engagés à se servir de sang de chien vacciné contre la tuberculose aviaire. Le sang (ou le sérum) des chiens tuberculisés serait plus efficace que le sang (ou le sérum) des chiens normaux. Ces expériences aussi ne

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