‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 652 sur 689 · TENTATIVES D'IMMUNISATION ET DE GUÉRISON · texte numérisé non relu

TENTATIVES D'IMMUNISATION ET DE GUÉRISON

sont pas démonstratives, la plupart d'entre elles ayant été faites avec de la culture aviaire tellement affaiblie que lapins témoins et lapins traités ont dû être tués 77, 83 et 102 jours après l'inoculation, alors qu'une injection intra-veineuse de culture virulente aviaire doit, comme l'on sait, tuer le lapin en trois semaines ou en un mois au plus tard'.

Bouchard apprécie tout aussi défavorablement les résultats annoncés par Héricourt et Richet; pour les vérifier, il injecta à des cobayes du sang de chèvre (considérée aussi comme unani^ malréfractaire) ; les cobayes traités elles témoins furent ensuite inoculés avec des produits tuberculeux humains. « Dans l'ensemble, la maladie inoculée a été plus grave et plus rapidement mortelle chez les cobayes tz^aités que chez les témoins. Quoique placés dans des conditions infiniment plus favorables, puisqu'ils employaient des cultures de la tuberculose aviaire et puisqu'ils avaient fait choix du lapin, animal moins réfractaire à cette tuberculose que le cobaye, Héricourt et Richet me semblent n'avoir pas eu plus de succès; malgré les différences du début, qui étaient encourageantes, témoins et transfusés finissent par mourir tuberculeux ^ »

Daremberg, dans des expériences faites dans mon laboratoire, injecta dans les veines ou sous la peau de lapins, à la dose de o ce, du sérum de chiens tuberculisés par des cultures de tuberculose humaine ; puis ces lapins furent inoculés sous la peau, en même temps que des lapins témoins, avec de la culture humaine. Tous les lapins traités par les sérums moururent plus vite et en perdant un poids plus considérable que les lapins témoins; les injections préventives de sérum d'animaux tuberculisés, loin de rendre les lapins réfractaires à la tuberculose humaine, semblent donc au contraire hâter chez eux l'évolution de la maladie ''.

Des objections tout aussi fortes s'adressent aux expérience^ d'immunisation des lapins par le sang de chèvre faites par

1. HÉRICOURT et Ch. Richet, De rimmunito conférée à des lupins par la transfusion pcritonéale du sang de chion (Etudes exp.et cliti. sur la tuberculose, 'pu.hliées par Vernedil, t. 2, 1890, p. 381 et 678). — Transfusion du sang de chien pour obtenir l'immunité contre la tuberculose (Ibid., t. 3, 1892, p. 139].

2. Bouchard, Sur les prétendues vaccinations par le sang [Revue de médecine 1892, p. 24).

3. Daremberg, Traitement de la phtisie pulmonaire. Paris, 1892, t. 2, p. 79 (Collection Charcot-Debove).

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