‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 663 sur 689 · LESIONS PROVOQUEES PAU LA DOSE MORTELLE · texte numérisé non relu

LESIONS PROVOQUEES PAU LA DOSE MORTELLE

chez les cobayes tuberculeux sont caractéristiques; la mort a lieu au bout de six à trente heures, selon le degré plus ou moins avancé de la maladie. Les lésions consistent en une congestion intense du chancre d'inoculation, des ganglions correspondants, du foie et de la rate qui sont parfois semés de points d'aspect ecchymotique ; il s'agit en réalité, non pas d'extravasats sanguins, mais d'une dilatation excessive des capillaires autour des foyers tuberculeux; ces capillaires sont gorgés de globules rouges. Les poumons présentent, mais moins régulièrement, les mêmes altérations ; l'intestin grêle est d'ordinaire fortement et uniformément hyperémié ; les taches sanguines du foie sont constantes et caractéristiques.

Ces notions expérimentales établies, Koch employa d'abord l'alcool pour isoler de la tuberculine la substance qui lui donne son activité. Si l'on mêle la tuberculine à cinq fois son volume d'alcool absolu, on précipite une substance brune, d'aspect résineux. Cette substance séchée puis redissoute dans l'eau a toutes les propriétés de la tuberculine. Mais il en est à peu près de même de celle qui reste en solution dans l'alcool. La séparation n'est donc pas possible par ce procédé. On acquiert un meilleur résultat en faisant agir l'alcool en plus grande proportion encore. On laisse tomber goutte à goutte la tuberculine dans 20 à 25 fois son poids d'alcool absolu, et on agite constamment; il se forme un dépôt finement granuleux qu'on lave à diverses reprises avec le même volume d'alcool absolu. Ou sèche dans le vide, en présence de l'acide sulfurique, le précipité encore imbibé d'alcool et l'on obtient un produit blanc, facile à pulvériser. La poudre sèche ainsi obtenue représente environ 10 p. 100 de la tuberculine employée; cette poudre n'est pas la tuberculine pure, elle contient en outre tous les principes insolubles dans l'alcool. L'alcool retient aussi une partie de la substance active, car, en l'évaporant, on obtient un résidu liquide, jaunâtre, formé de glycérine tenant en dissolution une svibstance qui, injectée à la dose de 1 ce. à 1 ce. et demi à un cobaye tuberculeux, le fait mourir.

Avec la collaboration de Proskauer et de Brieger, Koch recourut à l'emploi des principaux réactifs utilisés par les chimistes dans ce genre de recherches; on traita la substance précipitée par l'alcool et redissoute dans l'eau par le sulfate d am-

Il ^ERC^IJ^■E purifiée.

moniaquo, de magnésie, le carbonate de potasse, la baryte, l'acide phosphomolybdique, le tannin, l'acétate de fer, l'acétate de plomb, etc. Aucune de ces méthodes ne réussit. Ainsi, par exemple, à l'aide du tannin on parvenait bien à précipiter toute la substance active de la tuberculine, mais on ne réussissait pas ensuite à la séparer du tannin. Koch fut donc ramené à l'emploi de l'alcool, mais cette fois de l'alcool faible. 11 avait observé que la tuberculine, mélangée seulement à une fois et demie son volume d'alcool, donne au lieu d'un dépôt brunâtre, résineux, un précipité blanc, lloconneux qui se dépose bien au bout de 24 heures de repos. On décante avec précaution, on rajoute de l'alcool à 60 p. 100, on agite et on laisse de nouveau reposer; on répète ce lavage à diverses reprises jusqu'à ce que l'alcool ne se colore plus, puis on lave plusieurs fois encore dans l'alcool absolu, on liltre à nouveau et on sèche le dépôt à l'exsiccateur dans le vide. On obtient ainsi une masse d'un blanc de neig'^ qui, séchée à 100" (ce qui lui fait perdre 7 à 9 p. 100 d'eau) donne une poudre légèrement teintée en gris.

Ce produit obtenu par précipitation avec l'alcool à 60 p. 100 est infiniment plus actif que les substances retirées par les autres procédés et il se caractérise par la constance de ses elîets. 10 milligrammes de cette matière provoquent les mêmes effets que o décigramnies de tuberculine brute ou que 30 milligrammes du précipité obtenu avec l'alcool absolu ; quelquefois 4 et même 2 milligrammes suffisent pour tuer un cobaye tuberculeux. Le rendement représente 1 p. iOO de tuberculine brute; il est plus grand si l'on emploie de l'alcool plus fort, mais alors le produit est moins pur. On perd la moitié environ de la tuberculine primitive qui reste dans l'alcool de lavage.

Le précipité obtenu par l'alcool à 60 p. 100, que Koch appelle la tuberculine purifiée^ a les propriétés suivantes : cette substance est facilement soluble dans l'eau, mais la solution s'altère rapidement et perd de son activité au bout de quelques semaines ; elle s'altère surtout quand on la concentre au bainmarie ; il se dépose alors des flocons qui demeurent insolubles si on rajoute de l'eau. Les solutions de tuberculine purifiée faites dans la glycérine à oO p. 100 sont au contraire très stables; elles se conservent intactes pendant plusieurs mois; il en est de même des solutions dans de l'eau additionnée de qviel-

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