CHIMIQUE DE LA TLBERGLLIXE
W.Kûhne a recherché si le corps des bacilles tuberculeux contenait des albumoses ; le résultat de ces recherches fut négatif. Des cultures de bacille de la tuberculose développées à la surface de bouillon peptonisé et glycérine furent filtrées puis lavées sur le filtre. Les bacilles ainsi obtenus furent soumis à l'ébullition dans l'eau et le liquide alcalin fut additionné d'acide acétique pour coaguler l'albumine, s'il y en avait. Le liquide filtré, opalescent, fut concentré par évaporation, puis traité par un excès d'alcool absolu bouillant. Le précipité ainsi obtenu ne donnait pas les réactions des albumoses et Kûhne en conclut que celles-ci n'existent pas dans le corps des bacilles.
Les albumoses, la peptone et l'indol, c'est-à-dii'e les principales substances décelées dans la tuberculine, existent déjà dans les peptones du commerce employées pour la confection du liquide de culture; on sait, en effet, que les peptones du commerce sont surtout un mélange de diverses albumoses avec plus ou moins de peptones. Il y aurait donc, fait remarquer Ktihne, à déterminer dans quelle mesure les corps en question préexistent déjà dans ce liquide de culture et quelles modifications, quantitatives ou qualitatives, y apporte la végétation du bacille. Kûhne a fait un premier essai dans cette direction. Il a ensemencé le bacille de la tuberculose à la surface d'un liquide nutritif à composition bien établie et formé de proto-albumose pure (l p. 100) de bouillon de veau alcalinisé, de glycérine (3 p. 100) et de sel marin (0,5 p. 100). Les ballons furent maintenus à l'étuve à 38° pendant quarante jours et donnèrent des cultures. L'analyse chimique montra dans le liquide de culture la présence de deutéro-albumose, de tryptophane, de traces de peptone et d'indol, produits élaborés dans ce milieu par la végétation des bacilles.
Peu de temps après, Kûhne, disposant de plusieurs litres de tuberculine brute, put poursuivre plus largement ses recherches. Il prépara d'abord de la « tuberculine purifiée » exactement d'après les indications de Koch, par précipitation partielle avec un volume et demi d'alcool absolu, puis lavage à l'alcool à 60 p. 100 et enfin à l'alcool absolu. La tuberculine purifiée ainsi obtenue est dissoute dans l'eau et filtrée. Il reste sur le filtre un dépôt abondant, semblable à de l'empois d'amidon, incolore, insoluble dans les alcalis, composé surtout de phosphates ,tcr-