LE PRINCIPE ACTIF N'EST NI UNE ALBUMOSE, NI UNE PROTÉINE
du développement de la culture, on trouva dans le liquide, outre les peptones, des albuminates et des albumoses résultant de l'activité vitale des bacilles.
Suivant l'exemple, donné il y a longtemps déjà par Pasteur, de cultiver les microbes dans des milieux à constitution chimique bien établie et aussi simples que possible et de remplacer les protéines, si peu connues dans leur composition, par des corps azotés plus simples, Kiihne a essayé si les bacilles de la tuberculose pouvaient se développer dans des conditions analogues. Il y avait d'autant plus d'intérêt à obtenir ces cultures sur des milieux exempts de matières protéiques que, d'après l'opinion de Koch, la substance active de latuberculine serait précisément un corps de nature protéique. Kuhne réussit parfaitement à cultiver le bacille de la tuberculose à la surface d'un liquide glycériné ovi la peptone et l'extrait de viande étaient remplacés par de la leucine, de la tyrosine, de l'asparagine, de la taurine, etc. ; les substances minérales étaient les cendres d'extrait de viande. Dans le liquide de culture, les réactifs montrèrent l'absence totale d'albumoses et de peptones et la présence de traces d'une albumine. Ce liquide fut traité d'une manière analogue à celle qui a été exposée pour la prépax'ation de la tuberculine purifiée de Koch. La matière ainsi obtenue fut inoculée à des cobayes tuberculeux, et provoqua chez eux une élévation de température presque égale à celle que l'on déterminait sur d'autres cobayes tuberculeux par l'inoculation de doses semblables de tuberculine purifiée de Koch.
Les bacilles cultivés sur des milieux privés de matières protéiques contiennent donc en grande abondance de la substance active. L'extrait glycériné alcalin fait à chaud avec ces bacilles et traité par l'alcool donna un précipité qui provoquait, à la dose de 0"='",02j la fièvre chez le cobaye tuberculeux,
W. Kiihne, dans d'auti^es expériences, a encore simplifié la composition du liquide de culture, en supprimant la leucine, la tyrosine, la taurine, sans inconvénient pour le succès de la culture. La glycérine en revanche s'est montrée indispensable et l'asparagine très avantageuse, ainsi que Nœgeli l'avait déjà signalé pour d'autres microbes.
L'activité spécifique développée par les produits extraits de ces cultures, produits où toute trace d'albumose et de peptone