‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 84 sur 689 · L'INOCULATION DE PRODUITS TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

L'INOCULATION DE PRODUITS TUBERCULEUX

liairos mais non des tubercules. . . Après toutes ces constatations, il faut renoncer à l'illusion si séduisante d'après laquelle il serait possible de provoquer expérimentalement, par inoculation, une maladie identique à la tuberculose de l'homme'. » Il est difficile de comprendre comment FriedUinder a pu méconnaître la structure tuberculeuse si caractéristique, au contraire, et si typique des lésions de la tuberculose expérimentale chez le cobaye.

La grande objection élevée contre la spécificité de la tuberculose reposait sur les faits, sans cesse réédités, d'après lesquels on réussirait à provoquer chez les animaux une tuberculose généralisée, soit par l'injection de matières pulvérulentes inertes, soit par la production d'un foyer inflammatoire chronique, caséeux quelconque. Il est vrai que ces résultats étaient formellement contestés par les expérimentateurs les plus compétents. Nous avons déjà vu que Villemin n'avait jamais réussi, par l'injection ou l'inoculation des matières les plus diverses, autres que les produits tuberculeux, à provoquer la tuberculose. Chauveau fit un grand nombre d'expériences dans la même direction, toujours avec des résultats négatifs. Sur des animaux des espèces bovine et chevaline, il introduisit du pus, caséeux ou non, de provenance non tuberculeuse, dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les voies digestives, dans les veines, sans jamais réussir à faire naître des lésions tuberculeuses. De même, il déclare avoir « toujours été très malheureux dans ses tentatives pour faire naître, chez le lapin, la prétendue tuberculose, sans levain tuberculeux ». Il en conclut que toute matière casécuse n'est pas apte à faire du tubercule et que « l'on peut complètement écarter du débat ces expériences contradictoires de la spécificité d'action de la matière tuberculeuse ))^.

Klebs fait également remarquer qu'il a pu, comme bien d'autres expérimentateurs, provoquer des lésions traumatiques de très longue durée chez les cobayes et les lapins, en leur introduisant dans la cavité péritonéale des corps étrangers, ou en extirpant tel ou tel organe, ou en sectionnant la moelle épi-

1. C. Friedl^nder, Ucbcr locale Tubcrkulosc [VoUcmann's Sammlurifj, 1873, n»64, p. S32).

2. Chauveau, Lettre à Villemin sur la Transmission de la tuberculose [Gaz. Iiebd.

1872, p. 21o); voir aussi Lkpine, De la pneumonie casceuse {Th. d'agréf/aÉ. Paris,

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