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PROVOQUE SEULE LA TUBERCULOSE

nière ; Iraumatismes souvent accompagnés de suppuration très longue, mais qui jamais n'étaient suivis de tuberculose. 11 est porté à croire que les résultats opposés, surtout ceuxdcCohnheim et B. Frânkel, sont dus à une infection tuberculeuse passée ina perçue et contractée par les animaux à la suite de leur séjour dans des cages contaminées*.

Les expériences sur la transmission de la tuberculose se multipliaient de plus en plus, mais toujours amoindries dans leur portée par des faits contradictoires. Tappeiner institue des expériences pour établir que la tuberculose peut se transmettre par des particules desséchées de ci'achats répandues dans l'air ^. Nous reviendrons plus loin sur l'ensemble des recherches établissant la production de la tuberculose par inhalation ; rappelons seulement ici/jue dès la publication des premières expériences de Tappeiner, Schottelius en produisit de contradictoires, d'après lesquelles on pourrait provoquer des lésions tuberculeuses miliaires du poumon par l'inhalation de particules pulvérulentes quelconques. C'était, on le voit, la même objection, sans cesse renaissante, élevée contre la spécificité de la tuberculose.

Gohnheim, qui tout d'abord s'était rangé parmi les adversaires de la spécificité des produits tuberculeux, en devint bientôt le défenseur le plus convaincu. Cherchant à répéter à Breslau les expériences qu'il avait faites jadis à Berlin, en commun avec B. Friinkel, et dans lesquelles il obtenait une tuberculose généralisée à la suite de l'inoculation des substances les plus variées, il échoua constamment; il ne doute pas que les résultats auxquels il était arrivé d'abord n'aient été la conséquence de quelque contamination tuberculeuse tenant à la mauvaise installation et à la promiscuité des animaux. C'est alors qu'il fit, avec Salomonsen, les expériences classiques d'inoculation de substances tuberculeuses dans la chambre antérieure de l'œil du lapin. Mais avant de les relater, je dois signaler des expériences analogues, de date plus ancienne et peu connues, dues à Armanni (de Naples).

En 1872, Armanni pratiqua, sur le centre de la cornée de

1. Klebs, Die kiinstlichc Erzcugung dcr Tubcrkulosc {Arch. f. experim. PathoL, 1873, Bd 1, p. 165).

2. Tappeiner, Uober einc neue Méthode Tubcrkulosc zu erzeugen (Virchow's Arch. 18-78, Bd 7i, p. 393).

120 COHNHEIM ET SÂLOMONSEN : INOCULATIONS TUBERCULEUSES

cobayes, de petites piqûres très superticielles (en évitant de pénétrer dans la chambre antérieure) à l'aide d'une fine aiguille imprégnée d'une émulsion de matière caséeuse dans de l'eau distillée. Au bout de quelques jours, les piqûres se cicatrisèrent et la cornée demeura transparente et intacte en apparence pendant environ quinze jours; puis l'on vit apparaître au niveau des points d'inoculation de petits nodules blanc-grisàtres, submiliaires. Bientôt la cornée se troubla du centre à la périphérie, avec des ulcérations d'abord superficielles, puis plus profondes et plus étendues et qui persistèrent jusqu'à la mort des animaux, survenant au bout de trois à quatre mois, avec amaigrissement et cachexie. A l'autopsie, on constata une tuberculose généralisée de la rate, du poumon et du foie. Armanni insiste sur les particularités remarquables de ceé expériences, sur la quantité infinitésimale de la matière inoculée, sur l'incubation prolongée à laquelle on assiste régulièrement et enfin sur le caractère de la lésion qui se développe ensuite, progressive, sans aucune tendance à la guérison et entraînant finalement une tuberculose viscérale généralisée. Rien de semblable ne s'observe quand on provoque la kératite par des irritations communes, par des caustiques, par exemple, ou par des agents mécaniques. Dans cette longue incubation delà lésion cornéenne provoquée par l'inoculation tuberculeuse, l'expérimentateur italien voit un argument décisif « en faveur du pouvoir spécifique et virulent de la substance inoculée ))'. J'ai tenu à signaler ce travail d'Armanni qui a passé jusqu'ici presque entièrement inaperçu et qui offre de l'analogie avec les expériences ultérieures de Cohnheim et Salomonsen.

Ces expériences consistèrent à introduire, dans la chambre antérieure de l'œil d'un lapin, un petit fragment de tissu tuberculeux, emprunté à un cadavre aussi frais que possible, ou mieux encore à un ganglion caséeux qui venait d'être extirpé. Les lapins albinos sont préférables, à cause de l'absence de pigment sur l'iris. Si la substance tuberculeuse introduite est bien fraîche et si l'opération est pratiquée avec propreté, l'irritation traumatique se dissipe au bout de quelques jours, la cornée demeure transparente et l'on peut facilement apercevoir, au-devant du cristallin, le fragment de tissu implanté; ce tissu

1. Armanni, Sulla spccificità o virulcnza délie sostanzc caseosc c tubercolose Movimento medico-chirurri . Naplcs, 1872, tirage à part).

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