‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 91 sur 689 · GÉNÉRALISATION TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION TUBERCULEUSE

admettant une pénétration rapide, en masse relativement considérable, du virus dans la circulation générale. Ponfick, dans certains cas de tuberculose miliaire aiguë, a signalé une tuberculose et une infiltration tuberculeuse du canal tlioracique ; c'est là un fait rai'e et que Cohnheim n'a pu constater que trois fois chez des sujets ayant succombé à la tuberculose miliaire aiguë. Plus importante est la tuberculose des veines pulmonaires sur laquelle Weigert a appelé l'attention et qui, chez un sujet ayant un foyer caséeux dans la plèvre interlobaire, par exemple, dans un ganglion bronchique ou dans un point limité du poumon, peut entraîner l'inondation du système vasculaire par des produits virulents ; d'oii l'explosion de la tuberculose miliaire généralisée.

Si la généralisation du processus tuberculeux trouve ainsi son explication mécanique toute naturelle, il est plus difficile de comprendre pourquoi certaines tuberculoses, chez certains individus, restent indéfiniment cantonnées dans tel ou tel organe; pourquoi il existe des tuberculoses locales, ou plutôt sans tendance à la généralisation; pourquoi enfin il y a des tuberculoses, qui non seulement se localisent, mais qui guérissent, soit par calcilication, soit par cicatrisation. De même qu'il existe des individus qui paraissent réfractaires à la tuberculose et qui ne permettent pas au virus de les envahir, de même il en est d'autres qui sont susceptibles de l'éagir contre l'invasion une fois effectuée, qui arrivent à localiser le mal contre lequel ils luttent pendant un temps plus ou moins long et dont parfois ils triomphent définitivement.

La pathologie expérimentale elle-même, fait remarquer Cohnheim, nous permet d'assister à des différences individuelles tout à fait remarquables. Si, chez un certain nombre de cobayes ou de lapins, on introduit dans la cavité péritonéale ou dans la chambre antérieure de l'œil un égal fragment d'un ganglion caséeux, la lésion locale ainsi provoquée sera à peu près la même chez tous, mais l'évolution ultérieure du processus pourra varier étrangement. Tel animal succombera au bout de cinq semaines, ayant tous les organes, le péritoine, le foie, la rate, les poumons, la choroïde, etc., criblés de granulations ou de foyers caséeux; un second vivra plus de deux mois, un troisième trois mois et au delà; chez celui-ci, outre le globe oculaire, lés

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