‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 93 sur 689 · TUBERCULE ET PSEUDO-TUBERCULES · texte numérisé non relu

TUBERCULE ET PSEUDO-TUBERCULES

tuberculose généralisée dans les différents viscères. Autre caractère fondamental : si l'on prélève sur un animal ainsi infecté une parcelle tuberculeuse et qu'on l'inocule à un autre animal de môme espèce, on reproduira chez lui la même succession d'accidents, et ainsi de suite, en série indéfinie. La virulence de la matière tuberculeuse, dans ces inoculations successives, semble même augmenter, du moins au début de la série, ainsi que l'avait déjà observé Villemin.

Si on inocule au contraire de la même façon la matière morbide extraite des tubercules consécutifs à l'inoculation de corps étrangers non tuberculeux, on ne provoque jamais de tuberculose généralisée; d'autre part, si l'on réinocule cette matière à un autre animal, elle perd, dès le deuxième terme de la série, au plus tard dès le troisième, la propriété de déterminer une inflammation locale, même fugace, et devient absolument inoffensive. Le tubercule ainsi obtenu par l'injection de substances non tuberculeuses n'a donc du tubercule que l'aspect anatomique : c'est un tubercule stérile, un pseudo-tubercule. Le tubercule seul engendre le tubercule et les inocidatia7is en séries sont un excellent moyen de distinction entre le tubercule vrai et le pseudo-tubercule'. L'inoculation en série, pratiquée d'une façon systématique, comme l'a enseigné Hip. Martin, a donc été un critérium précieux et qui a contribué, pour une bonne part, à dissiper la confusion qui pendant si longtemps a plané sur la tuberculose expérimentale.

Ainsi triomphait enfin, après bien des vicissitudes et des hésitations, la grande idée émise par Villemin; elle triomphait au moment même où la preuve dernière et irréfutable allait être faite par la découverte de l'agent animé de la maladie, du parasite attendu et annoncé, du bacille de Koch.

Après toutes ces luttes et toutes ces controverses il ne restait plus, en effet, qu'à déterminer la cause même et la nature du virus. Nous avons vu que Villemin, bien inspiré et pénétrant comme d'ordinaire, s'était prononcé hardiment pour la nature

l.Hip. Martin, Nouvelles rcclieixhcs sur la tuberculose spontanée et expérimentale des séreuses [Arch. de phi/siol. norm. et palhol., 1883, p. 49). — Recherches sur les propriétés infectieuses du tubercule; tuberculose infectante et tuberculose non infectante ou fausse tuberculose (M/t/. , p. 272). — Contribution à l'élude des rapports entre la tuberculose et la scrofulose {Revue de médecine, 1882, p. 299).

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