‹ La tuberculose et son bacilleChapitre 94 sur 689 · GHAUVEAU : NATURE DES VIRUS · texte numérisé non relu

GHAUVEAU : NATURE DES VIRUS

parasitaire du contage tuberculeux'. A l'appui de cette manière de voir, il invoquait les analogies étroites qui rapprochent les maladies virulentes des fermentations, dont les admirables travaux de Pasteur venaient de démontrer l'origine animée. 11 invoquait en outre les récentes recherches de Davaine , qui faisaient rentrer le charbon dans la classe des maladies zymotiques, dues à l'intervention d'un agent animé, d'un micro-organisme.

A la même époque se placent les remarquables recherches de Chauveau sur la cause intime de la virulence. Elles portèrent principalement sur la vaccine, la clavelée et la morve, accessoirement sur les produits tuberculeux et elles lui servirent de base pour une théorie générale de la virulence ^ A quoi les humeurs virulentes doivent-elles leur activité? tel est le problème que se posa l'éminent expérimentateur. Ces humeurs (vaccine, claveau, pus morveux) se composent d'une partie fluide, le sérum et de particules figurées en suspension (leucocytes, granulations). C'est sur ces particules figurées et non dans les substances en solution qu'est iixée la propriété virulente.

Pour arriver à cette donnée fondamentale, l'emploi de la filtration semblait tout indiqué, comme le procédé le plus direct et le plus démonstratif; mais Chauveau dut y renoncer, les moyens de filtration employés à cette époque étant trop défectueux et n'assurant pas, d'une façon certaine, la séparation des particules solides d'avec les liquides qui les baignent. Il recourut donc à deux autres méthodes, celle de la dilution et celle de la diffusion. La méthode de dilution, utilisée par Chauveau pour l'étude des humeurs virulentes, est une application du procédé imaginé par Spallanzani pour démontrer que la propriété fécondante du sperme ne réside pas dans la partie fluide de cette sécrétion, mais dans les particules solides, les spermatozoïdes. On sait que Spallanzani, en pratiquant la fécondation artificielle d'oeufs de poissons avec du sperme dilué d'eau, constata : 1° que les dilutions faibles se comportent comme le

1. Voir notamment la dix-septième étude de son livre, pp. 602-607 et 617, intitulée : « Nature probable des virus

2. Chauveau, Nature du virus vaccin : détermination expérimentale des éléments qui constituent le principe actif de la sérosité vaccinale virulente (C. R. de l'Acad. des sciences, 1868, t. 66, p. 289. — Ibid. p. 317). — Détermination expérimentale des éléments qui constituent le principe virulent dans le pus varioleux et le pus morveux {Ibid., p. 359).

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