PISE STONE
Hématuries. — À cette période, nous voyons apparaitre de petites hématuries ; elles sont terminales ou initiales. Pour Crandon, elles affecteraient plutôt ce dernier caractère, se différenciant de cette facon des hématuries à caractère terminal des calculs vésicaux.
Parfois ces hématuries sont réduites à quelques stries de sang teintant les dernières gouttes; parlois, au contraire, ce sont de véritables hémorragies, comparables aux hémoptysies pulmonaires ou aux hématuries de la tuberculose rénale. Elles sont comme elles capricieuses, sans cause apparente, spontanées et ne cessent pas toujours par le repos.
Ejaculation douloureuse et sanglante. — est très fréquent de voir le coït devenir douloureux, à la fin, au moment de l'éjaculation. C’est une douleur sourde, sans doute due, d’après Forgue, au rétrécissement des conduits éjaculateurs par l’infiltration et l’hyperplasie conjonctive.
Le sperme peut contenir des stries de sang et ces éjaculations sanglantes constituent, d’après Guisy (d'Athènes), un signe important de début.
Ecoulement urétral. — Très souvent, et surtout lorsque les noyaux tuberculeux occupent la partie antérieure de la glande, et sont par suite situés au voisinage de l’urètre, il existe dès Île début un léger suintement urétral continuel, sorte de muco-pus beaucoup plus clair que celui des urétrites gonococciques, mais . qui peut cependant donner le change s’il vient à la suite d'une chaudepisse. L'examen bactériologique révélera la présence de bacilles de Koch.
Troubles urinaires. — Dès le début de la période d'état, on constatera des troubles importants du côté des fonctions urinaires.
Parfois on se trouve en présence d’une brusque rétention d'urine, sans cause apparente, qui ne cède que devant le cathétérisme.
Le plus souvent, on aura affaire à une pollakiurie très marquée: le malade urine toutes Îles heures, parfois toutes les demi-heures, mais l'urine est claire et il est facile de constater
\ que cette polyurie est simplement mécanique, qu’elle est due à l'irritation du col vésical par la présence de la prostate hypertrophiée el non à une inflammation de la vessie. Chez le malade qu'il nous a été donné d'examiner à la consultation de M. le Professeur Pousson, celte pollakiurie était très nette dès le début. Cet homme nous a déclaré avoir passé des nuits entières sans dormir, étant obligé de se lever à chaque instant pour uriner. Cependant l'urine examinée ne présentait rien de parliculier à signaler: elle était claire et normale.
Il faut cependant noter qu'à une période un peu plus avancée de la maladie, l'urine peut devenir trouble sans que l'appareil urinaire soit intéressé. Dans ce cas, il est en général possible d'y trouver le bacille de Koch par les méthodes ordinaires après centrifugation.
Un autre symptôme important et très fréquent dans la tuberculose de la prostate est la dysurie. Le malade éprouve une véritable douleur à chaque miction, et comme ces mictions, nous l'avons vu, sont en général très fréquentes, on comprend l’état de souffrance dans lequel est plongé le sujet.
Signes physiques: Toucher rectal. — Dès que l'attention a été attirée du côté des organes génilo-urinaires, un toucher rectal s'impose.
Il permet de constater une véritable hypertrophie de la prostate; la glande fait saillie dans le rectum; parfois cette saillie est telle que celui-ci est déjeté sur le côté pour lui faire place (Obs. de Claude).
L'hypertrophie porte tantôt sur un lobe tantôt sur l’autre, assez rarement sur les deux à la fois. Le doigt sent une saillie dure, irrégulière, bosselée, élastique, parfois parsemée de points fluctuants quand l'examen a lieu à une période assez avancée pour que de petits abcès aient eu le temps de se constituer.
La pression de la glande est douloureuse et la douleur s’irradie parlois vers le canal de l’urètre.
Cathétérisme. — Si on fait le cathétérisme du canal, on conslate que le passage de la portion prostatique est difficile et douloureux : difficile parce qu'ici aussi la prostate hypertrophiée
RC perte
fait une saillie dans le canal; douloureux parce que la sonde doit pour passer déprimer la glande et que celle-ci répond toujours par la douleur à une pression portée sur l'un quelconque de ses points.