‹ La Tuberculose Primitive de la ProstateChapitre 14 sur 24 · PÉRIODE ULTIME DE LA PROSTATITE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ULTIME DE LA PROSTATITE TUBERCULEUSE

Cette période est atteinte lorsque de grands abcès ont pu se collecter dans l’intérieur de la glande. À ce moment, si on n'intervient pas, le pus va chercher une voie vers le dehors. Si celte sortie se produit dans l’urètre, on voit s'établir une véritable suppuration, bien différente de l'écoulement du début. On a alors affaire à un pus abondant, crémeux, blanchâtre, à grumeaux. Si le foyer est situé très en arrière dans la glande, le pus va chercher à se faire jour à l'extérieur par le périnée et on verra alors s'établir de véritables trajets fistuleux, s’ouvrant en un point quelconque et dont l’évolution est interminable. Il peut également se déverser dans le rectum.

A ce moment, le toucher rectal donne une sensation nouvelle, le doigt sent non plus une prostate dure, élastique, mais une prostate ramollie et parfois véritablement excavée en certains points.

A cette période il faut, avec Albarran, noter de l’incontinence habituelle de l'urine, incontinence succédant à la pollakiurie de la période d'état. La dysurie est également beaucoup moins forte.

Etat général. — Nous ne saurions terminer cette étude de la symptomatologie de la tuberculose prostalique sans parler de l’état général.

Cet état est extraordinairement bien conservé. On ne constate aucun amaigrissement, aucun signe d’anémie, aucun des symptômes généralement observés dans la tuberculose pulmonaire ; pas de sueurs nocturnes, pas de fièvre, parfois cependant une légère élévation vespérale de la température, quand la période d’abcès est atteinte.

Diagnostic

En présence d’une partie des signes indiqués au chapitre de la symptomatologie, le diagnostic se pose entre un écoulement blennorragique, une hypertrophie simple de la prostate, un néoplasme et la tuberculose.

En examinant l'une après l’autre ces différentes affeclions, nous verrons que chacune d'elles se différencie par des caractères particuliers qui permettent de poser le diagnostic d’une façon à peu près sûre, diagnostic que l’on peut d’ailleurs contrôler dans la suite par l'examen bactériologique, recherche du bacille de Koch dans l'urine ou dans le pus urétral,

1° ÆZcoulement gonococcique avee prostalite. — On voit parfois une tuberculose prostatique faire suite à une blennorragie: il est difficile dans -ce cas de saisir le moment exact où la suppuration gonococcique devient suppuration tuberculeuse.

Les caractères généraux du pus sont à peu près les mêmes dans les deux affections, tout au plus si dans la blennorragie il est moins blanc, plus jaunâtre: il faudra donc ici avoir toujours recours à l'examen bactériologique pour poser un diagnoslic certain.

Dans la prostalite gonococcique, en effet, il y a, comme dans la tuberculose, congestion de la glande et nous pouvons y retrouver, par suite, les mêmes symptômes urinaires, les mêmes troubles de la défécation, les mêmes douleurs périnéales. Les hémaluries, les éjaculations sanglantes seront les seuls symptômes qui manqueront.

2° Hypertrophe simple. — L'Age du malade est, en général, plus élevé. La prostate est également grosse, mais elle est moins douloureuse. Ge sont surtout les symptômes urinaires, et particulièrement la rétention, qui prédominent ici.

Le toucher rectal montre une glande plus régulièrement hypertrophiée et ne présentant jamais de points fluctuants ; de plus, tous ces troubles arrivent peu à peu progressivement et ont une marche beaucoup moins rapide que dans la tuberculose.

3° Néoplasme. — Mêmes signes fonctionnels, mais ici l'état général est vivement atteint et l'amaigrissement est rapide.

Les douleurs sont un peu différentes de celles de la tuberculose, elles sont plus continues et plus irradiées ; elles résident parfois dans la région sacrée, suivent très souvent le trajet du sciatique, de ses branches principales, traduisant ainsi la compression du plexus sacré par la masse néoplasique.

Les ganglions lombaires sont engorgés et on peut, la plupart du temps, retrouver dans le creux sus-claviculaire le ganglion de Troisier, indice d’un néoplasme en un point quelconque du corps. ï

Le toucher rectal donne ici une sensation un peu différente. La prostate est plus dure et encore plus irrégulière que dans la tuberculose.

Une fois le diagnostic de tuberculose prostatique posé, il convient de savoir quelle est l'étendue de la lésion. Le toucher rectal indiquera si les vésicules séminales et les trajets intraabdominaux des canaux déférents sont pris. Une pyurie intense, une douleur atroce pendant toute la durée de la miction, la douleur dans la station debout et dans la marche, enfin l'examen cystoscopique permettront de poser le diagnostic de cystite. Quant à l’épididyme, le simple palper indiquerait la présence d’une induration, dans le cas où la lésion se serait étendue à cet organe.

Pour établir un diagnostic de lésion primitive, il suffira de s'assurer que ces différents organes sont sains ou, s'ils sont légèrement touchés, que ce sont les symptômes fonctionnels prostatiques qui ont débuté.

Trits

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