TRAITEMENT CHIRURGICAL
C'est à vrai dire le traitement de choix dans la tuberculose isolée de la prostate.
Quand on est certain que la glande est le seul organe pris, quel besoin a-t-on d'entamer avec la tuberculose une lutte qui peut être longue et hasardeuse, quand on peut la supprimer radicalement avec le bistouri ? La prostatectomie est une opération sérieuse, sans doute, mais le but proposé vaut bien quelques dangers. D'ailleurs, les résultats sont en général très bons et on n’a pas à craindre de suites fâcheuses au point de vue des fonctions génitales, la prostate n’élant pas par sa physiologie un organe indispensable à l'exercice de ces fonctions.
Etant donnés le nombre et la silualion inconnus des granula-
RS
tions tuberculeuses, l'opération ne devra pas se borner au curettage des quelques foyers visibles; elle devra, au contraire, porter sur la glande entière, qui sera complètement enlevée.
Quant à la voie à employer pour arriver sur la prostate, sans entrer dans toutes les discussions qui se sont élevées sur ce sujet, nous nous contenterons de signaler que celle généralement admise aujourd'hui, celle qui a toujours donné les meilleurs résultats, est la voie périnéale.
La voie rectale est beaucoup plus dangereuse, elle force à agir à l’aveugle et on cite partout deux cas désastreux du Professeur Guyon.
La voie urétrale ne saurait être employée que lorsqu'il s’agit de curetter simplement un abcès situé tout près du canal.
. Cette théorie de l'opération précoce dans la tuberculose isolée de la prostate est aujourd’hui presque universellement admise et nous citerons à l'appui de nos dires les auteurs tels que Crandon, Conitzer, Dittel, Guyon, Albarran, Le Dentu, ainsi que notre maitre le Professeur Pousson.