‹ La Tuberculose Primitive de la ProstateChapitre 19 sur 24 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION Ï (M. le Professeur Poussow, ix Thèse de Pasquer 1894-1895

P..., quarante-sept ans. Bonne constitution, excellente santé, pas de maladies vénériennes.

Depuis vingt ans le malade élait sujet à des écoulements urétraux d'un liquide blanchâtre, filant, visqueux, qui surviennent habituellement dans les efforts de défécation, quelquefois spontanément ; M. P... ne tenait aucun compte de ces écoulements, qui ne le faisaient pas souffrir.

Depuis quatre ou cinq ans, ces écoulements étaient plus fréquents, les besoins d’uriner se faisaient, en outre, sentir plus souvent; le jet de l'urine, moins fort, ne sortait qu'après une attente assez prolongée.

Au mois d'août 189%, après quelques heures de fatigue, par une extrême chaleur, rétention brusque d'urine qui ne céda que par le repos et après l'absorption d’un bol de tisane.

Le 29 septembre, nouvelle rétention d'urine qui força le malade à me faire appeler. La rétention était complète, absolue, les douleurs intolérables.

L’explorateur à boule n° 19 ne put franchir la portion prostatique de l’urètre, il fut arrêté par un obstacle à une distance de 17 centimètres du méat urinaire.

Le n° 18 put franchir sans violence, en donnant la sensation d’un léger

ressaut, bien différent toutefois de celui que fait ressentir un rétrécissement cicatriciel du canal. Les indices fournis par cette exploration faisaient déjà pressentir le diagnostic; néanmoins, pour aller au plus pressé, je pratique le cathétérisme au moyen d'une sonde de Nélaton.

Le toucher rectal a complété les éléments du diagnostic. À peine introduit dans le rectum, le doigt vient se heurter contre une tumeur arrondie, d’un développement symétrique, du volume d’une petite pomme, qu'on limite sur les côtés, mais dont on atteint difficilement la partie supérieure. Cette tumeur, très dure et indolente dans presque toute son étendue, est un peu plus souple et sensible à droite.

Tous ces signes onf amené à établir le diagnostic de sclérose avec hypertrophie de la prostate et prostatorrhée.

Dès le début des accidents la situation n’a pas changé, M. P... ne peut uriner qu'au moyen de la sonde. Plusieurs fois par jour, le plus souvent quand la vessie est pleine, le malade éprouve des crises de douleurs dans le bas-fond de la vessie, le périnée, les aines, quise terminent bientôt par l'écoulement de matières blanchâtres, parfois sans écoulement aucun. Le cathétérisme répété a produit une certaine irritation du canal de l'urètre et, dans quelques circonstances, une légère hémalurie due sans nul doute à une érosion de la portion prostatique de ce canal. Il y a, en outre, des symptômes de cystite avec urines purulentes et sanguinolentes qui paraissent et disparaissent sans qu'on puisse attribuer ces alternatives à un résultat thérapeutique.

L'état général est bon.

Le traitement a consisté dans : régime sévère; iodure de sodium, 2 grammes par jour; supposiloires belladonés et iodurés; bains de siège tièdes; lavements d'eau très chaude; salol; essence de santal ; cathétérismes répétés.

L'examen de l'appareil génilo-urinaire a donné les résultats suivants :

Testicules, épididymes, cordons sains. La vessie n’est pas sensible à la pression. Au toucher rectal, la prostate est grosse, le lobe droit surtout est augmenté de volume et bosselé; il est impossible d'atteindre le bord supérieur de la glande en raison de son développement. Le canal reçoit facilement un explorateur à boule n° 18. Pas de ressaut, pas de spasme, mais grande sensibilité de la traversée prostatique. Au retrait de l'ins-

trument, je constate sur son talon une sanie blanchâtre, mais pas trace

ne

de sang. La sonde en caoutchouc, dont le malade se sert habituellement pour vider sa vessie, passe avec la plus grande facilité et j'extrais environ 300 grammes d'urine limpide ne paraissant contenir à l'œil nu ni sang ni pus. L’exploration des uretères et des reins est négative.

Devant tous ces signes, je tiens pour suspect le diagnostic d'hypertrophie simple et incline vers la tuberculose. On constate d’ailleurs, enfin, quelques signes stéthoscopiques du côté des poumons.

L'examen bactériologique des urines y décèle la présence de bacilles de Koch.

J'institue un traitement antibacillaire et reconstituant et renvoie le malade. Trois semaines après, il succombait à des accidents aigus du côté du poumon.

O8seRvaTION IT (PERSONNELLE)

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