INTRODUCTION
Il convient tout d'abord de s'entendre sur ce mot de tuberculose primitive. Nous n'entendons pas par là que la prostate soit le seul organe du corps frappé et qu'avant son atteinte il n’y avait pas en un point quelconque de l’organisme des bacilles de Koch. Nous admettrons, au contraire, qu'ils existent à l’état latent et qu'ils se développent brusquement sous l'influence d'une cause que nous chercherons à étudier et à élablir. +
Ce que nous voulons dire, c'est que la prostate est le seul organe de l'appareil génito-urinaire qui soit frappé. Qu'il y ait ou non une lésion pulmonaire, peu importe. Nous savons depuis longtemps que la loi de Louis a vécu et qu'on peut très bien être tuberculeux avec des poumons sains. Au point de vue chirurgical, et c’est le seul qui nous occupe ici, une lésion pulmonaire ne saurait, d'autre part, avoir une grande importance stelle n’est pas trop avancée pour permettre une intervention profilable sur l’organe nouvellement atteint. Nous nous considérerons donc en droit d'admettre comme des prostaliques primilifs des malades qui auront des sommets suspects, puisque nous regarderons ces malades comme atteints de deux affections distinctes susceptibles chacune de traitements différents.
Ce qu'il nous importe de savoir, c'est que comme toute autre
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partie de l'appareil uro-génital, rein ou testicule par exemple, la prostate peut servir de porte d'entrée pour cet appareil, dans lequel la généralisation se fera par la suite grâce aux propriétés extensives de la maladie.
L'un des principaux caractères de cette tuberculose prostatique primitive est sa latence, sa longue évolution sourde, sans symptômes du début, et c’est là aussi que réside son danger. Une tuberculose locale quelconque doit souvent sa gravité à ce qu'elle n’est diagnostiquée que trop tard, lorsqu'il est impossible de songer à une intervention chirurgicale profitable. Diagnostiquée à temps, alors que son développement n’est pas encore trop accentué, alors surtout que l’envahissement des organes voisins ne s’est pas encore produit, cette même maladie, qui dans le premier cas avait un pronostic fatal, devient au contraire beaucoup plus bénigne, et nous pourrons citer dans le cours de cel ouvrage des cas de guérison absolument complète.
C'est parce qu’un diagnostic précis et rapide s'impose qu'il nous à paru intéressant d'étudier de près cette forme de tuberculose prostatique, de chercher à lui donner une individualité propre qui permelle au chirurgien averti d'intervenir à temps.
La tuberculose de la prostate à pendant longtemps été ignorée des auteurs. Ne voulant pas avoir à intervenir au hasard sur une région aussi richement vascularisée et partant aussi dangereuse, les anciens chirurgiens se contentaient de traiter d’une façon bénigne et prudente les suppurations fistuleuses interminables qu’ils avaient l'occasion de rencontrer dans cette région.
Ce n'est qu'au début du siècle dernier que le caractère tuberculeux de ces suppurations apparut nettement. Les travaux se sont peu à peu multipliés et la question se trouve à l'heure actuelle à peu près mise au point. S
Les premiers auteurs qui ont déterminé les principaux caractères de la Luberculose génitale sont Louis (Recherches sur la phiisie, 1825-1847), Cruveilhier (1838-1842) et Rokitansky. Avant eux, on ne peut guère citer que Bayle qui fit paraître un travail dans le JournaldeCorvisart, Leroux et Bayer (t.NI, ger-
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minal an IX, 1808) et James Wilson (Lectures of the structures and physiology of the male urinary and genital organs).
Puis viennent les travaux de Dupuytren et ceux de Verdier en 1838.
Lebert, en 1853, étudie la question dans son 7raité des malades scrofuleuses et tuberculeuses.
Vidal s'en occupe dans son. Traité de pathologie externe de
Mais il faut arriver aux thèses inaugurales de Dufour, en 185%, et Béraud à la même époque, pour avoir des données suffisamment précises.
En Allemagne, Virchow, Klebs, Conheim étudient la question, mais considèrent la lésion prostatique comme toujours secondaire.
Puis viennent les publicalions de Duffau en 1874, de Reclus en 1876, Hanau en 1882; les thèses de Colinet en 1883, de Zinke en 1894.
Parmi les travaux qui établissent d’une façon définitive la localisation primitive et isolée de la tuberculose sur la prostate, il faut citer ceux de Béraud, Robin, Vidal (1857); de Thompson (1866); Conitzer, Kryzwicki, Orth, Marwedel (1892).
Quant au traitement, il faut, pour avoir des notions précises, arriver à Guyon et Bouilly en 1885, Dittel et Le Dentu en 1889, Albarran en 1891. Il convient de citer encore Marwedel qui, en 1892, fit une étude complète de la question tant au point de vue de sa symptomatologie que de son traitement.
De cette tuberculose prostatique étudiée par tous les auteurs d’une façon générale, nous avons voulu extraire et étudier à part les cas où l’attaque des autres organes ne s'était pas encore produite et où la prostate était seule atteinte. Nous essayerons donc tout d’abord, en nous appuyant sur des observations et des statistiques, de démontrer l'existence de cette forme primitive et isolée; puis après un rapide exposé de l'anatomie pathologique de cette affection, nous arriverons à la symplomatologie dans laquelle nous nous efforcerons d'attirer l'attention sur les plus petits symptômes révélateurs du début, et nous termine-
rons par l'étude du choix du traitement à appliquer dès que le diagnostic aura été posé.
Le chapitre du traitement étant extrêmement vaste et constituant à lui seul un ouvrage complet, il ne nous appartiendra pas de traiter en détail les différents procédés, notre intention étant d'indiquer seulement celui qui paraît s'adapter le mieux aux Cas de tuberculose primitive.