CHAPITRE PREMIER
Sur l'existence de la tuberculose prostatique primitive
Démontrer l'existence de l'atteinte primitive et isolée de la prostate par la tuberculose n'est pas chose facile en clinique.
La maladie d’un organe quelconque se révèle, en effet, à nous par des signes physiques ou fonctionnels. Ici, étant donnée l'anatomie mème de la prostate, les signes physiques seront très rares, du moins au début; étant donnée sa physiologie normale, les signes fonctionnels ne le seront pas moins.
Les différentes aponévroses qui entourent la glande, aponévrose de Denonvilliers en arrière, moyenne du périnée en bas, latérales de la prostate sur les côtés, lui forment une sorte de coque fibreuse ouverte simplement en haut et en avant, mais complétée à ce niveau par la vessie et ses ligaments anléroinférieurs.
On comprend aisément que la tuberculose se développant dans cet organe ainsi isolé des autres, évoluera insidieusement et que ce n’est que plus tard, lorsque cette loge aura été forcée sur un de ses points et que la propagation à un autre organe se sera produite, que l’on posera le plus généralement le diagnostic.
Pour démontrer réellement, scientiliquement l'existence de cette tuberculose prostatique primitive, il faudrait saisir cette phase de début, enlever la prostate dès qu'elle vient d’être atteinte et l'examiner sous le microscope, c'est-à-dire qu'il faudrait la plupart du temps opérer des individus ne se plaignant de rien, n'ayant aucun trouble ni aucune douleur. Or les mala-
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des ne se présentent en général à nous que lorsque l'extension aux autres organes et principalement aux testicules s’est déjà produite. à
A ce moment un examen approfondi nous indiquera que la prostate est malade, mais pour faire intervenir une notion de priorité entre les deux organes prostate et testicule, il nous faudra nous baser simplement sur les commémoratifs, diagnostiquer la maladie d’après les troubles du début, et c’est là une chose délicate et non véritablement sûre. C’est pourquoi quelques observaleurs n’ont jamais admis celte théorie de l'atteinte primitive de la prostate par la tuberculose. Ils ne l'ont pas admise, parce qu'ils ne l'ont jamais diagnostiquée. Nous croyons cependant, nous, qu'elle existe et que de vagues symptômes que l’on laisse trop souvent de côté comme dénués de toute importance ne sont, au contraire, que l'indice d’une tuberculose prostatique au début:
Quoique relativement rares, il existe dans la littérature médicale des cas où l’autopsie a permis de démontrer que la prostate élait le seul organe atteint. À côté de ces cas absolument probants, il en existe d’autres, en plus grand nombre ceux-là, où la propagation à d’autres organes s’était déjà produite, mais dans lesquels on pouvait, par l'étude microscopique des pièces, relever la marche de la maladie. Evidemment celte distinction n'est encore possible qu'à un certain degré, lorsque l'organe atteint secondairement ne possède pas encore de tubercules en voie de caséiflication: alors qu'au contraire on trouve des masses caséeuses dans celui sur lequel s’est portée primitivement la maladie.
L'observation publiée par Conitzer, en 1897, est un exemple frappant de ce dernier cas. Elle nous montre, en effet, un malade atteint de prostatite et de cyslite tuberculeuses, et chez lequel on put trouver à l’autopsie des foyers caséeux dans la prostate et de simples tubercules miliaires au niveau de la muqueuse vésicale. Cet examen histologique a permis à l'auteur d'affirmer qu'il s'était trouvé en présence d'une tuberculose primitive de la prostate,
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Dans l'observation de Stonham, publiée en 1887, nous nous trouvons en présence d’une tuberculose de la prostate, d’une vésicule séminale et de la portion abdominale d’un canal déférent. Ici encore il semble naturel d'admettre que la prostate a été prise la première, étant donné que la tuberculose primitive des vésicules séminales est extrèmement rare, et que lorsqu'elle existe l'extension se fait tout d’abord du côté du testicule.
Enfin chez le malade qu'il nous à élé donné d'examiner dans le service de M. le Professeur Pousson, ce sont les commémoralifs et la différence des lésions qui nous ont permis de poser le diagnostic de tuberculose prostatique primitive. La maladie avait eu dès le début tous les caractères de cette affection, et, si l’un des testicules était pris, il l'était si légèrement qu’on n'eut pas à s’en inquiéter au moment de l'intervention.
Le second malade que nous avons examiné était, lui, neltement primitif, l'examen le plus approfondi n’a permis de rien déceler dans tous les autres appareils.
Parmi les observations absolument probantes de l'attaque primitive de la prostate par la tuberculose, nous citerons celles de Crandon, de Claude, de Gaudier, de Dittel.
Dans un article publié en 1902, dans The Boston medical and surgical Journal, et dans lequel Crandon affirme l’existence de la tuberculose prostatique primitive, l’auteur parle d’une observation absolument typique de Marwedel. Nous regrettons fort de n'avoir pu retrouver cette observation, mais nous nous permettons de la citer pour venir encore à l’appui de nos théories.
Enfin les différentes statistiques que nous avons pu retrouver sur ce sujet viennent encore affirmer que la forme de tubereulose que nous étudions existe, tout en étant cependant beaucoup plus rare que les tuberculoses associées.
C’est ainsi que dans un travail de statistique comprenant tout les cas de tuberculose génito-urinaire qu'il eut l’occasion de rencontrer, de l’année 1870 à l’année 1903, Guisy (d'Athènes) a trouvé les chiffres suivants :
183 cas de tuberculose génilo-urinaire associée ;