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parmi les garçons de la bibliothèque, il en trouva un dont les mucosités nasales ainsi prélevées tuberculisèrent le cobaye. Examinant de la même manière les machinistes et le chef d'orchestre de l'Opéra, il put encore une fois faire la preuve de l’existence d’un bacille tuberculeux. Par contre Le Norr et J. Camus opérant avec la même technique sur le personnel d’une salle de tuberculeux, après avoir essayé de répandre les bacilles (en balayant, en enlevant la poussière, en faisant les lits, etc..), n’obtinrent dans aucun cas la tuberculisation des cobayes. Bien mieux, chez des tuberculeux expectorant des bacilles en abondance, ils n’obtinrent que trois cas positifs sur treize malades. !
Il est impossible de tirer une conclusion de résultats aussi divergents. Nous ne pouvons qu’apporter quelques réflexions et de nouveaux faits :
19 L’absence de culture, là aussi, nuit beaucoup à la valeur des constatations. SrrAuSs donne, en outre, bien peu de détails sur la façon dont périrent les cobayes inoculés et sur les lésions dont ils étaient porteurs.
20 La présence fréquente d’un véritable bacille de Koch dans le mucus nasal est vraiment peu conciliable avec l’exirême rareté de ce microbe dans l’air. Des paratuberculeux trouvés dans ces conditions nous auraient moins surpris.
3° Nous avons plusieurs fois examiné, ensemencé et inoculé les produits de secrétion du nez, sans Jamais trouver ni bacille de Koch, ni paratuberculeux.
40 Enfin les rapports des narines avec l’expectoration sont lointains et, pour notre étude, l’examen du pharynx, sur lequel chemine le crachat, a beaucoup plus d’importance. C’est pourquoi nous lui avons consacré quelques recherches que nous allons exposer maintenant.
La tuberculose des amygdales, quoique rare, est bien connue et étudiée. Mais ce qui importe pour nous c’est de savoir s’il existe des tuberculoses occultes du pharynx, si, en d’autres termes, des bacilles de Koch peuvent y séjourner, même en l’absence de lésions visibles. Là encore on trouve
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dans la littérature des opinions divergentes et souvent émises sans contrôle. Vox Hüôsszin par exemple commence par affirmer la rareté des bacilles acido-résistants non tuberculeux chez l’homme, ce qui est conforme à nos propres conclusions, mais il admet ensuite que seuls les malades atteints de grosses lésions destructives expectorent des bacilles de Koch, les autres cracheurs de bacilles les hébergent dans le rhino-pharynx et sont tous des individus en contact avec des tuberculeux pulmonaires. GUTMANN rapporte l’histoire d’une jeune femme qui avait été envoyée en sanatorium parce qu’elle présentait, sans autre signe, une expectoration riche en bacilles acido-résistants. Cet auteur aurait trouvé une petite lésion amygdalienne fourmillant de bacilles acido-résistants ne tuberculisant pas le cobaye. Il se demande s’il ne s’agit pas d’un bacille du beurre ou du lait, aliments dont la malade faisait une abondante consommation.
MM. Saez, Le Mée et Cosriz ont fait une étude extrê mement intéressante. Ils se sont servi d’amygdales extirpées et apportées au laboratoire le jour même de l'opération. Ils ont fait un broyage à sec de ces organes et en ont utilisé le produit pour un examen direct, une culture sur six tubes et une inoculation à deux cobayes. Ils ont traité ainsi sucessivement quatre-vingts amygdales provenant de quatrevingts individus allergiques, adultes ou enfants. Par l'examen direct, ils n’ont pu déceler aucun bacille de Koch, les cultures sont toutes restées stériles. Sur les 160 cobayes, trois fois un des deux cobayes inoculés fut tuberculisé mais, chaque fois, au bout d’un très long temps (trois, huit et neuf mois), sous forme d’une tuberculose assez discrète, à évolution lente, et n’atteignant qu’un seul des deux cobayes simultanément inoculés.
Ce travail très sérieux et fait dans les meilleures conditions aurait suffi à montrer combien la présence d’un bacille tuberculeux est exceptionnel dans le pharynx d’un sujet apparemment sain. Mais nous avons voulu nous assurer
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nous-même que la contamination de l’expectoration par des bacilles tuberculeux du pharynx fût improbable.
Voici la façon dont nous avons procédé : Nous avons fait usage d’un tampon de coton stérile avec lequel la bouche et les amygdales ont été longuement badigeonnées. Puis ce coton a été agité longuement dans un tube renfermant du sérum physiologique stérile en petite quantité. Ce liquide fut ensuite ensemencé sur six tubes, inoculé et examiné après coloration, selon la méthode de Zrexr. Nous nous sommes adressé aux infirmières, infirmiers et laborantines du centre de triage de l’hôpital Saint-Antoine qui vivent en contact constant avec des tuberculeux pulmopaires, qui recueillent, étalent, colorent et ensemencent leurs crachats. Nous nous sommes personnellement soumis au même examen après avoir ausculté plusieurs malades. Jamais nous n’avons trouvé de bacilles acido-résistants à l’examen direct, nous n’avons pas tuberculisé de cobayes ; dans aucun cas, nous n’avons cultivé un bacille tuberculeux. Dans un seul tube se développa une culture chromogène de bacilles paratuberculeux. Ce tube avait été accidentellement brisé et placé ainsi à l’étuve.
Bien mieux, nous avons pratiqué le même examen chez des individus ayant une expectoration faiblement bacillifère. Les réponses là encore furent négatives.
Nous pouvons donc conclure de ces recherches que si, dans certains cas, on a trouvé des bacilles acido-résistants dans la bouche et dans le pharynx, une telle éventualité est absolument exceptionnelle et pratiquement les crachats ne renferment pas de bacilles acido-résistants d’origine rhino-pharyngée.
Reste le larynx. La notion qu’une laryngite tuberculeuse peut amener une expectoration bacillifère est banale. Aussi avons-nous pris la précaution de faire examiner nos malades par un spécialiste aussi souvent que cela nous a été possible (1). Jamais aucun d’entre eux n’a présenté de lésions
(1) Nous devons en particulier remercier le D' LALLEMANT qui s’est habituellement chargé de cet examen.
laryngées. Dans les observations de cracheurs de bacilles sans signe radiologique publiées par ailleurs, cet examen fut souvent pratiqué (en particulier dans les observations de Blackwood) et ne montra aucune altération. Les laryngites tuberculeuses apparaissent d’ailleurs en général chez des tuberculeux atteints de manifestations pulmonaires importantes. La plupart des auteurs estime que la laryngite bacillaire n’est presque jamais primitive et qu’elle se développe par propagation, soit par l'intermédiaire des crachats, soit plutôt par voie lymphatique (Kanonyx). Peut-être les laryngites apparemment primitives sont-elles, en réalité, consécutives à la tuberculose pulmonaire radiologiquement occulte que, précisément, nous étudions ici.
Enfin, la provenance pulmonaire, ou tout au moins bronchique, est absolument démontrée dans une de nos observations (obs. IV). C’est celle que nous devons à l’obligeance de MM. Kuperskr, Leroux et E. Kupezskr et dans laquelle la bronchoscopie pratiquée à plusieurs reprises ramena un pus contenant des bacilles de Koch.
Pour les observations que nous avons recueillies, nous pouvons donc apporter une réponse assez précise aux critiques bactériologiques que l’on voudrait nous opposer.
Nos malades ont des bacilles acido-résistants dans leur expectoration. La preuve qu’il s’agit de bacilles de Koch légitimes, de type humain, a pu être apportée pour plus de la moitié d’entre eux. Pour les autres, deux éléments permettent de l’admettre sans arrière pensée :
19 leurs antécédents personnels et familiaux, leur avenir pathologique, les symptômes associés (hémoptysies, pleurésie séro-fibrineuse, etc…..).
20 L’extrême rareté de bacilles acido-résistants non tuberculeux dans les crachats.
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Nous avons pratiqué des examens du rhino-pharynx et du larynx qui nous autorisent à conclure à l’origine pulmonaire ou bronchique de ces bacilles. Dans une observation, la bronchoscopie permit d’en donner la démonstration.