‹ La Tuberculose Pulmonaire Occulte à Expectoration BacillifèreChapitre 36 sur 74 · TRAITEMENT. PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT. PROPHYLAXIE

On peut conclure de ce que nous avons vu que la tuberculose occulte à expectoration bacillifère est une affection relativement bénigne.

Il faudra donc avant tout se garder de prendre des mesures excessives. C’est là une question d’espèce, et chaque cas comportera des déterminations différentes. On pourra chez quelques malades, conseiller une cure d’altitude plus ou moins prolongée, si l’on voit que, loin de créer de graves ennuis, cette perspective semble accueillie assez favorablement. Mais, dans d’autres circonstances l’abandon du foyer et des occupations habituelles pourrait avoir des conséquences dramatiques, toujours fâcheuses dans la tuberculose pulmonaire, absolument disproportionnées avec la gravité du cas dans la forme que nous étudions. On aurait à craindre souvent alors une répercussion psychique qui pourrait avoir de graves inconvénients dans cette bacillose discrète. Bien mieux, mis à part les risques de contagion, il est souvent indiqué de laisser ces malades à leur activité coutumière. Il est donc assez difficile d’établir pour ces malades des règles thérapeutiques précises.

Tout le traitement se résume en des mesures prophylactiques.

19 MESURES PROPHYLACTIQUES POUR LE MALADE LUI- MÊME. — Îl faut avant tout éviter qu’à la faveur de l’expec-

toration bacillifère une tuberculose banale n’apparaisse. Quand on a la chance de saisir à un stade aussi précoce le début de la bacillose, on a le devoir de tout mettre en œuvre pour empêcher une évolution fâcheuse.

Il faut surtout conseiller au malade Le repos. Selon les circonstances et les conditions sociales, ce repos pourra être plus ou moins complet, plus ou moins prolongé. Quand cela sera possible, un séjour à l'altitude sera prescrit.

Il faudra en outre, éviter toutes les causes congestives dont nous avons dit la fâcheuse influence. On n’utilisera pas certaines médications comme la tuberculine ou même l’iodure de potassium. L’usage des rayons ultra-violets sera déconseillé. Enfin, on sera aussi économe que possible de vaccins ou de sérums, qui pourraient être requis par quelque affection intercurrente.

En tout cas, le malade devra être suivi longtemps et régulièrement par son médecin. Des examens bactériologiques de l’expectoration seront fréquemment répétés. On pratiquera de nombreuses radiographies du thorax sous toutes les incidences. Il faudra avant la reprise d’une activité normale, s’assurer de la disparition des bacilles des crachats et de l’intégrité radiologique des poumons. Il faudra faire preuve d’une grande prudence pour en décider.

Dans certains cas, le malade devra être suivi par les dispensaires et pris en charge par l'Office Public d'Hygiène Social.

20 MESURES PROPHYLACTIQUES POUR L'ENTOURAGE. — Nous avons dit combien ces malades pouvaient disséminer les bacilles de Koch. Il sera bon de prendre toutes dispositions utiles à ce point de vue. Il faudra surtout éviter que de tels malades aient une profession qui les mette en contact avec des enfants (instituteurs, infirmières de crèches, etc.). Si, d'autre part, ils ont des enfants à leur foyer, 1l faudra les en séparer à tout prix.

On devra leur indiquer les mesures classiques de prophy-

André Meyer 9

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