OBSERVATION XV
ExPECTORATION BACILLIFÈRE CONSÉCUTIVE A UNE INJECTION DE vACCIN T. A. B. — RADIoGRAPHIES PRATIQUEMENT NORMALES. — ÉvoLuTION FAVORABLE.
X, interne des hôpitaux, 28 ans. Depuis un an son état général laissait à désirer et il se trouvait anormalement fatigué quand, au début du mois de septembre 1931, il se fit une injection sous cutanée de 1 /4 de centimètre cube de vaccin T. A. B.
Cette injection fut suivie d’une réaction fébrile à 390. Puis, pendant une semaine, la température se maintint entre 380 et 390.
Le 5€ jour de la période fébrile fut marqué par l’apparition de toux et d’une expectoration banale.
L’examen du thorax ne montra alors rien de plus qu’une légère diminution du murmure vésiculaire à la base droite.
Le 6€ jour, on pratique un examen des crachats et on y constate l’existence de bacilles de Koch.
Le 8 jour la température tombe brusquement avec une crise urinaire et sudorale.
L’expectoration d’ailleurs très peu abondante a persisté 3 ou 4 jours ; à un deuxième examen on ne trouve que quelques bacilles après homogénisation. Puis les crachats disparurent complètement.
X. cependant alla séjourner six mois dans un sanatorium ; jamais on ne put signaler aucun signe à l’examen ; jamais il ne présenta de troubles fonctionnels ou généraux.
Des radiographies furent faites nombreuses sans jamais déceler autre chose qu’un petit nodule calcifié de la dimension d’un petit pois, siégeant à la partie tout externe de l’hémithorax droit, à l’u-
Fig. 16. — Obs. XV. Docteur X, septembre 1931
nion du 1 /3 supérieur et de 2 /3 inférieur, très opaque, bien régulier, toujours identique à tous les examens radiologiques et encore présent et inchangé aujourd’hui.
En résumé, un jeune homme, fatigué depuis un certain temps reçoit sous la peau 1/4 de cc de vacein antityphoiïdique. Il fait une réaction thermique à 390 qui se prolonge pendant une semaine. Au cours de cette période apparaissent de la toux et une expectoration bacillifère qui se tarit en quelques jours.
Les radiographies pratiquées très fréquemment sont pratiquement normales. Il faut noter toutefois :
19 Qu’au cours de l'incident fébrile, un examen radioscopique aurait montré une base droiteun peu moins transparente que la gauche. En fait, un cliché fait deux jours après ne montrait plus rien de semblable, il est vrai qu’à ce moment l’expectoration bacillifère était tarie. Il semble toutefois peu vraisemblable qu’une lésion quelconque, si elle avait été radiographiquement visible, eut disparu complètement en 48 heures.
20 Il existe sur toutes les radiographies un petit nodule calcifié siégeant en plein parenchyme. Ce nodule ne peut avoir plus que la valeur d’une cicatrice. Il a été constaté nullement modifié sur toutes les radiographies, très nombreuses, faites depuis.