‹ La Tuberculose Pulmonaire Sénile: Importance de son diagnostic dans la lutte anti-tuberculeuseChapitre 3 sur 48 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Comment se pose actuellement la question de la Contagion de la Tuberculose

L'exposition détaillée de la question et des nombreuses discussions

Nous nous contenterons d’énumérer les principales conclusions

gues en raison de faits scientifiques récemment acquis qui éclairent d’un jour nouveau toute l’étiologie de la Tuberculose.

1° Le bacille, cause efficiente de la maladie prime tout. — On à. soutenu longtemps, en effet, que l'infection bacillaire était toujours fonction de la résistance du terrain — opinion basée surtout sur la

ras

croyance à l’ubiquité du bacilie. Dès 1913, le Professeur Chauveau

s'exprimait ainsi à l’Académie de Médecine (27) : « Non, énergiquement non, la misère physiologique n’est pas nécessaire à la création du milieu propre à l'invasion du bacille de Koch. Les plus vigoureux sujets y sont exposés, comme les plus affaiblis. C’est pourquoi la Les guerre au mierobe doit toujours tenir le premier rang dans la lutte contre la tuberculose. C’est pourquoi il importe de le dépister par-

- fout où il peut se cacher ». Nous verrons qu'il se cache souvent chez

Je vieillard ;

ac

MURS rue

20L organisme humain est très sensible à la tuberculose. — La résistance à celte maladie ne se produit que par l’acquisition d’une émmunilé Gûe précisément au contact, dans certaines conditions, avec le

bacille de Koch. Ce contact crée une infection atténuée et latente.

. En efïet, l'enfant à la naissance et l'individu qui n’a jamais été en contact avec le bacille (populations du centre de l'Afrique, par exEm- ple), réalisent un éerrain vierge de tuberculose comme le prouveni les réactions à la tuberculine. L'observation démontre que l’un et

l’autre sont extrêmement sensibles à l'infection tubérculeuse (comme :

le cobaye).

3° L’infection est conditionnée par la quantité des bacilles ingérés ou inhalés, la durée des contacts et leur répétition. « La tuberculosemaladie résulte d’une infection bacillaire massive et unique ou de réinjections fréquentes et répétées ». (CALMETTE, 19) ;

4° Chez, l'enfant et le sujet vierge de tuberculose, des doses massives ou répétées produisent une infection grave (primo-infection)

qui donne des formes généralisées aboutissant presque toujours à la

mort. Au contraire, si les doses sont faibles ou les contacts peu fré-

quents, le sujet peut :’ou bien guérir (très rarement avant six mois)

à condition que les contacts infectants cessent (L. BERNARD), ou bien il peut rester porteur d’une tuberculose latente dans laquelle, plus tard, il pourra trouver les éléments d’une deuxième injection ; 5° L'adulte des pays civilisés présente à la tuberculose un terrain presque toujours atteint par une infection passée plus ou moins inaperçue, comme le démontre l'index très élevé

des cutiréactions à partir de 20 ans (97 % dans ‘les villes).

Cette primo-infection lui a acquis une certaine immunité qui lui

permettra de résister à des doses faibles et il réagira aux doses massives ou répétées par des formes chroniques et localisées (phénomène de Koch). le nègre transplanté en Europe fait au contraire, ainsi que l’a montré Borrel, des formes aigués et généralisées, comme le jeune enfant. C’est pour cette même raison d'absence d’immunité acquise, que le paysan émigré dans la grande ville ou arrivé à la caserne présente également des formes graves ;

6° Cette réinfection de l'adulte (surinfection de Calmette) peut

être d’origine exogène comme le prouvent de nombreuses observations de contagion familiale et hospitalière tuberculose conjugale, par exemple), mais elle-est le plus souvent d’origine endogène ;

7° Cette réinfection est conditionnée par des causes adjuvantes. On ne peut nier en effet qu'elle ne soit favorisée par le surmenage,

les excès, une profession pénible, le séjour dans une atmosphère

confinée, la misère, le taudis, l’alcoolisme.

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