‹ La Tuberculose Pulmonaire SénileChapitre 31 sur 55 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les dangers de la Tuberculose sénile comme source de contagion

Après avoir montré dans la première partie de notre travail la grande fréquence de la tuberculose pulmonaire du vieillard et passé en revue les différentes raisons qui expliquent cette fréquence, après avoir étudié le diagnostic positif et différentiei de la maladie, nous essayerons de montrer dans cette dernière partie combien il est important de savoir la rechercher et la diagnostiquer rapidement. Ce diagnostic précis est évidemment nécessaire dans les formes chroniques, mais il est utile aussi dans les formes aiguës. Outre qu’il permet de baser le pronostic, il peut, dans certaines conditions, entrainer des mesures prophylactiques précieuses. Nous savons, en effet, cornbien est fréquente chez le vieillard la terminaison par une poussée aiguë, d'une forme chronique latente restée jusque-là 1gnarée.

.Cé diagnostic est important à un double point de vue de valeur très inégale.

1° Pour le malade lui-même. —- Tien que la tiberculoss pulmonaire évolue souvent avec une lenteur remarquable chez le vieillard et soit compatible avec une existence prolongée et à peu près normale, nous n’avons pas le droit de nous appuyer sur l’âge avancé de notre malade pour modifier en quoi que ce soit les lois scientifiques et morales, auxquelles nous obéissons habituellement. Nous devons au vieillard, comme à l’homme dans la force de l’âge, tout notre effort diagnostique et thérapeutique. [l n’est pas douteux, en effet, que dans de nombreux Cas, un vieux tuberculeux ne soit redevable à notre diagnostic d’une survie très importante, si ce diagnostic peut déclencher la thérapeutique efficace, à savoir la cure hygiéno-diététique. Gette cure sera utile à la fois au vieillard, qu'elle arrachera souvent à la mauvaise hygiène et au taudis, adoucissant ainsi ses derniers jours, eb à l’entourage qu’elle délivrera d’une source de contagion très dangereuse.

2° Pour la famille et la société. — Si nous examinons la question en hygiéuiste, elle se montre alors à nous dans toute son ampleur. Elle se he étroitement en effet à celle de la contagion familiale et de la mortalité infantile.

Nous avons vu dans la première partie de notre travail que le bacille de Koch disparaît assez vite, ou tout au moins perd assez vite sa virulence, dans üne habitation normale. Nous savons d'autre part que les effets de la contagion sont conditionnés :

1° Par la quantité de bacilles qui pénètrent dans l'individu.

2° Par le degré de virulence des bacilles.

3° Par la sensibilité du sujet.

Or, la recherche des bacilles dans l’expectoration des vieux tuberculeux nous a démontré leur présence ; les observations suivantes vont nous démontrer leur virulence et nous savons d’autre part que ie jeune enfant est tellement sensible à l'infection, qu’on a pu dire qu'il constitue un véritable réactif de la tuberculose —un bouillon de culture de choix pour la tuberculose (CoMBy, 30) — l'enfant meurt de tuberculose dans d'énormes proportions *.

Et, là où les statitiques se rapprochent lé plus de la vérité, c'est-à-

1 Loin d’être rare dans la, première enfance comme on l’a cru longtemys, la tuberculose est au contraire extrêmement fréquente dans lés premiers mois de la vie (Landouzy, Comby, Kuss, Hutinel, Holt, Baginsky, Hamburger). Bien que Laënnec ait écrit dans son traité que « la tuberculose est fort commune chez les enfants du peuple, ainsi qu'on reut s'en assurer à l'hôpital des Enfants de Paris », il semkle que ceîte notion ait été ur peu perdue de vue pendant longtemps. La maladie présente, en effet, chez les jeunes enfants des caractères spéciaux qui font qu’elle est souvent méconnue. L'enfant meurt avec des phénomènes intestinaux ou méningés ou typhoïdiques ; la tuberculose pulmonaire est une trouvaille d’autopsie. Il s'ensuit — et nous avons vu qu'il en est de même de la tuberculose sénile — pour les mêmes raisons que les statistiques sont faussées et donnent Ges chiffres très inférieurs à la réalité. (Voir tableaux statistiques).

Il ÿY à cinquante ans, Rülliet et Barthez relevaient 33 fois sur 100 la tuberculose au cours des autopsies faites aux Enfants Malades. Comby, dans les années 1896 à 1906 trouve 461 fois la tuberculose sur 1197 autopsies

Fire 0 et. 2 ans, 214 sur 830,-soit 25,78 ©.

0 CMOS ea ISUR DE OR 1.02 v.

— 3 et 6 mois, ?8 sur 175, soit 16 °/

— 6 et 12 mois, 56 sur 221, soit 26,06 °/.

— Jet 2? ans, 127 sur 289, soit 43,94 %,.

Landouzy,: au congrès de Rome de 1912, donne les chiffres suivants : Entre 1 jour eï 10 ans, il meurt 1 héhé sur 7,5

— \ 1 jour et 1 an, il meurt 1 bébé sur 6

— lanet £ ans, il meurt { bébé sur 4.

H. Alfred Hess, conclut d’un examen des statistiques de la ville de New-York, « que la mortalité de la tuberculose n’est supérieure pour aucune année à celle de la première ». Holt, pour l'Angleterre, arrive aux mêmes conclusions, (Lyle CUMMINS, 50).

dire à Paris, le chiffre de décès pour 1.000 enfants vivants est de 5,54 de 0-1 an, alors que le chiffre le plus élevé ne lui est que très iégèrement supérieur : 5,80 entre 40 et 59 ans.

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