‹ La Tuberculose Pulmonaire SénileChapitre 6 sur 55 · HAE · texte numérisé non relu

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comparable, par exemple, au sérum antidiphtérique pour la diphtérie, au mereure où au salvarsan pour la syphilis, à la quinine pour le paludisme, à l'émétine pour la dysenterie amibienne ? On peut affirmer qu'ac{uellement nous n’en possédons aucun. Et si parmi les les nombreuses, trop nombreuses médications, dites spécifiques par leurs auteurs, quelques-unes maniées par certaines mains donnent des résultats intéressants mais partiels, aucune n’a réellement fait ses preuves. C’est donc avant tout vers la prophylaxie que doivent se tourner les efforts de la lutte antitubérculeuse. Avons-nous, de ce côté-là, une méthode comparable à la vaccination contre la variole, à la vaccination antityphique contre la fièvre typhoïde ? Non, et, bien que nous ayons de bonnes raisons d'espérer que l’avenir nous apportera, dans ce sens, la seule solution capable de juguler défimtivement le fléau !, nous sammes obligés de reconnaître notre impuissarice actuelle à ce double point de vue : médication spécifique, vaccination préventive. Tandis que, en ce qui concerne la syphilis, les mesures de prophylaxie antivénérienne n’ont diminué en rien le nombre des syphilitiques, le problème de la syphilis est en partie résolu grâce à notre thérapeutique puissante. Si cette maladie reste redoutable, c'est comme facteur de diminution de la natalité et non comme facteur de mortalité, car au point de vue individuel on peut affirmer que la syphilis est beaucoup moins grave qu'il y a une cinquantaine d’années. Au contraire, avec la tuberculose nous sommes bien loin d’avoir obtenu de pareils résultats ; notre seule thérapeutique efficace, la cure hygiéno-diététique, est tellement dispendieuse pour l'individu et la société que nous devons actuellement tout attendre de la Prophylaxie : il faut empêcher l'individu de contracter la maladie.

Alors des bases solides nous sont nécessaires pour appuyer notre prophylaxie, et un grand problème se pose sur lequel on à beaucoup discuté et on discute encore, mais que des faits scientifiques récemment acquis éclairent d’un jour nouveau : celui de l’ÉTIOLOGIE. Privée de connaissances étiologiques suffisantes, la prophylaxie va à l'aventure alors qu'il s’agit d'aller directement prendre le mal à sa source.

Or des faits Ac DqUes irréfutables nous démontrent que

1° La contagion est à l’origine de la luberculose ; |

20 Cette contagion est dans l'immense majorité des cas interhu-

maine et directe.

1 —Jmmunisation des bovins par inoculation avec des bacilles humains vivants obtenue par Behring, expérimentation de cette méthode sur les grands anthropeïdes preposée récemment par Calmette.

Diagnostic précoce, dépistage des semeurs de bacilles, c’est là le but vers lequel tend actuellement toute l’organisation sociale antituberculeuse, parce que de ces deux notions découlent à la fois pro phylaxie et traitement.

Les méthodes scientifiques qui chaque jour s’améliorent permettent de mieux connaître les manifestations des bacilloses contaminantes. On à montré ainsi comment à côté des phlisiques avérés, de nombreux tuberculeux, insoupçonnés avant nos méthodes actuelles de dépistage, pouvaient être dangereux.

Parmi ceux-ci, le vieillard est très souvent en cause, Evidemment,

les phtisiologues connaissent ce danger, mais il semble que le public médical n’est pas suffisamment renseigné sur son véritable aspect. J'est pourquoi nous crovons faire œuvre utile en apportant notre contribution à cette étude, déjà faite il est vrai, mais dont les acquisitions récentes en phtisiologie accroissent encore l'importance.

Nous verrons que la tuberculose du vieillard est, en réalité, beaucoup plus fréquente qu'on ne le-:croit, soit parce que le diagnostic La laisse échapper, soit, ét plus souvent peut-être, parce qu'il n’est sysémaiiquement pas fait en vertu de cet aphorisme très répandu que la tuberculose n’est pas grave chez le vieillard. « Après 45 ou 50 ans, il est presqu'indifférent d’être ou de n'être pas tuberculeux », disait Fonssagrives. Elle n’est pas grave pour le vieillard peut-être — ce qui d’ailleurs reste à prouver — mais elle est grave pour ceux qui l'approchent. Le principal objet de notre thèse sera de le démontrer. Et au début d’un travail qui à pour but d'étudier une des parties de la question de la tuberculose trop souvent laissée dans l’ombre : le diagnostic de la tuberculose sénile, partie en réalité inséparable des autres, il nous paraît indispensable de passer rapidement en revue les points capitaux du gigantesque problème, d'insister sur leurs connexions afin de mieux situer notre sujet dans le cadre de la prophylaxie de la tuberculose.

Dans la première partie de notre travail nous étudierons dues

1° La manière dont se pose actuellement la question de la contagion de la tuberculose ;

2° La fréquence de la tuberculose sénile d'après des statistiques récentes el ses conditions étiologiques.

Dans une deuxième partie, après avoir passé rapidement em revue

. les principales formes classiques de la maladie en montrant les erreurs de diagnostic auxquelles elles peuvent prêter, nous étudierons le diagnostic positif eb nous rechercheron$ quel résultat on peut attendre des différentes méthodes diagnostiques NES au vieillard.

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