‹ La tumeur prélacrymaleChapitre 18 sur 24 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Recueillie à la consultation gratuite de M. le Prof. agrégé Rollet.)

Tumeur prélacrymale inflammatoire. — Ulcération. — Guérison.

O. Antoine, 23 ans, chauffeur au P.-L-.M.

Le 25 Novembre 1900, le malade s'aperçoit qu'il porte au-dessous de l’angle interne de l'œil gauche une petite tumeur indolente et la prend pour un bouton sans s’en inquiéter davantage.

Le 4 Décembre, 1l se présente à la consultation gratuite de la Croix-Rousse.

A ce moment on voit une tumeur infra-tendineuse de la grosseur d’une grosse noisette. La peau est rouge et enflammée et en un point on aperçoit une petite surélévation acuminée terminée par un point blanchàtre. La tumeur n'est ni bosselée ni séparée en deux parties inégales comme dans l’empyème du sac.

Les contours de la tumeur sont assez délimités mais un léger œdème l'entoure cependant, mais ne suffit pas à gêner le mouvement des paupières.

A la palpation la sensation de fluctuation est très nette.

Jamais le malade n’a eu d'épiphora ni n'a jamai: vu soudre de pus de ses points lacrymaux ou de la narine correspondante.

La conjonctive palpétrale est légèrement hyperhémiée. On donne au malade un billét d'entrée pour l'hôpital, mais jamais le malade n’est venu.

M. le D' Navarre, médecin du P.-L.-M. a bien voulu nous communiquer les renseignements suivants sur. ce malade (16 janvier 1901):

La tumeur qui était de la grosseur d’une coque d'amande, quand je l'ai adressée à M. Rollet, a disparu complètement aujourd’hui, sans intervention. La place est à peine marquée par un peu de rougeur. J'avais simplement conseillé ‘à ce malade de renifler matin et soir de l’eau boriquée et de laver son œil avec de l’eau boriquée et du coton hydrophile. Il a appliqué en plus sur la tumeur un emplâtre et c’est à ce topique qu'il attribue la disparition de sa tumeur.

Pas d'épiphora. — Retour apparent ad intégrum.

OBsERvATION III.

(Service de M. le Prof. agrégé Rollet).

Tumeur prélacrymale inflammatoire. — Ulcération. Guérison.

P. dit Beausoleil, confiseur, entre à l’hôpital de la Croix-Rousse, service de M. Mollard, salle St-Irénée,

Ame le 1* avril 1899, pour une congestion cérébrale (ictus probable) et contusion de la hanche gauche.

Antécédents personnels : le malade a déjà plusieurs séjours à l'Hôtel-Dieu, soit à la Croix-Rousse ou à St-Pothin, pour des affections pulmonaires. Le 7 mars 1900, il passe dans le service de M. le Prof. agrégé Rollet, pour une affection oculaire. À son entrée, on remarque au niveau du grand angle de l'œil gauche une tumeur plus grosse qu'une noisette, fluctuante. La peau qui la couvre est rouge et tendue et ne tarde pas à s’ulcérer.

Il s'écoule une certaine quantité de pus.

Le 12 mars,la fistule s’est cicatrisée.

Le 14 mars, le malade se plaint d’un léger larmoiement, la pression sur la cicatrice est douloureuse mais il n’y a plus aucun phénomène inflammatoire.

En interrogeant le malade sur ses antécédents lacrymaux, on apprend que depuis longtemps il a de l'épiphora intermittent et que cet épiphora augmente chaque fois que le malade, qui est un alcoolique, fait des excès de boisson ; que, de plus il y a 8 jours, le malade à été pris d’une violente douleur à l'angle interne de l'œil gauche.

Le pus recueilli à la fistule a été envoyé au laboratoire de bactériologie de la Faculté. L’examen a été fait par M. Courmont, chef des travaux de bactériologie.

« Les préparations extemporanées n’ont pas montré de microbe. »

Les cultures en bouillon ont donné lieu au développement d'un microbe poussant en grumeaux, se pré-

GS sentant au microscope sous forme de chaïnettes, de grains, gardant la coloration de Gramm : en somme culture pure de streptocoque typique.

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