OBSERVATION IX
(M. Jocqs, Clinique ophialmologique du 25 Février 1900.) Mucocèle du sac lacrymal avec perforation de la paroi
antérieure et poche présacculaire.
« Un homme de 54 ans, jardinier, vient me consulter en août 1898 pour un corps étranger incrusté
dans la cornée gauche. Cet homme avait aussi du côté une tumeur dure, très distendue, de la grosseur d'un gros pois. Mais cette affection ne l’inquiétait pas; la poche se vidait de temps en temps par la narine correspondante. Jamais il n'avait eu de phlegmon bien qu’il portât la tumeur depuis plusieurs années.
Malgré une forte pression il me fut impossible de la vider ni par les canalicules, ni par la narine et cependant au dire du malade, la tumeur se vidait d'elle-même de temps en temps, très facilement. Je n’eus pas de peine à décider le malade à se faire débarrasser de cette infirmité. Je fis l’incision habituelle, mais je ne savais pas ici si je n’entrais pas directement dans le sac. Il ne sortit que du mucus filant. C'était donc une mucocèle. Tamponnement avec de l’ouate antiseptique jusqu'au lendemain. Lorsque le tampon fut enlevé, la cavité étant exsangue et vide, il me fut facile de voir d’abord que la plaie était très profonde, ensuite que dans son milieu elle était nettement étranglée et divisée en deux parties par une fente glottique qui laissait pénétrer dans une autre cavité capable d’engloutir un bourdonnet de coton de la grosseur d’un très petit pois, tandis que la cavité antérieure était plus large, tomenteuse, et s’étendait sous les bords de la peau décollés. C'était pour moi la démonstration anatomique irré-
futable d’une cavité péricystique. »