L. PEIIVINQLIERK
Fi?. 2(1. Le sol de l'Haniadel el Kessera et li*si dolmens.
Fig. 21. — Les grès de l'Eocène supérieur près d'Heneliir .Meded.
GEOLOGIE
servent jusque dans la région du Kef. de même que les argiles de la partie moyenne, tandis que les dépôts de l'étage supérieur ne se rencontrent que dans les environs de Bizerte.
Le Pliocène marin est constitué par des grès molassiques, riclies en fossiles, qui existent sur la côte orientale seulement. Ces grès ont été utilisés comme moellons pour diverses constructions, en particulier pour le grandiose amphithéâtre d'El Djem. Les fos-
Fig. 22. Les grés pliocenes de Kasstnne et le barrage lomain.
siles qui y sont inclus, ont donné lieu à une singulière méprise. Il existe en outre un Pliocène continental, consistant en accumulations puissantes de grès, de poudingues mal cimentés, de limons, qui couvrent de vastes étendues dans le centre et le sud (fig. 22). C'est dans ces limons rouges que les troglodytes des Matmatas ont creusé leurs demeures, je dirais presque leurs tanières. Quand il est à l'état gréseux, ce Pliocène renferme une nappe d'eau, qui se manifeste par une ligne de sources au contact de cette formation et de celle sur laquelle elle repose.
52 L. PliRVINQUIKRE
Au Quaternaire marin doivent être attribuées les plages soulevées, particulièrement visibles aux environs de Sousse et de Monastir, où elles atteignent une altitude de 15 ou 20 mètres. On y recueille toutes les espèces qui vivent actuellement dans la Méditerranée avec quelques autres qui en ont désormais disparu, telles que le Stromhus méditer raneus.
Sur le continent, l'époque quaternaire a été marquée par des atterrissements d'épaisseur souvent considérable et de nature assez variable: limons, sables, grès rougeàtres, parfois même véritables conglomérats. Dans le sud, cet ensemble odre une importance exceptionnelle, car ses parties perméables renferment des nappes d'eau qui, dans quelques cas, peuvent devenir artésiennes, comme à Djerba ou à Gabès.
Ces atterrissements quaternaires sont recouverts par une croûte calcaire, une sorte de carapace, (jui oITre un obstacle sérieux à la culture arborescente. Elle est souvent recouverte par un quaternaire récent, fournissant en général d'excellentes terres arables.
KOCHES ERUPTIVES. — SOURCES THER.MALES
Après avoir passé en revue les formations sédiraentaires, examinons quel rôle il faut attribuer à l'activité interne. A vrai dire, sa pirt est très faible, car les roches éruptives sont très rares en Tunisie. J'ai seulement rencontré, en relation avec les dépôts triasiques, de ces roches vertes, généralement désignées sous le nom d'ophiles; elles sont exploitées pour empierrement au Dj. Baten el Guern. On a en outre signalé dans I Eocéne supérieur de Kroumirie un pointemsnt trachytique, au voisinage des gisements de fer des Nefzas. En outre, les îles de la Galiteont été le théâtre de manifestations volcaniques à l'époque tertiaire; les produits, étudiés pariM. Vélain, ont été considérés par lui comme des andésites à augite et des micrograuulites.
Eafin, cette activité interne se traduit encore par les sources thermo-minérales, qui sont nombreuses en Tunisie, où on leur donne le nom générique de Hammam. Presques toutes sont chlo
rurées soiliques et souvent hypertbermales ; les plus connues sont celles de Hammam Lif et de Hammam Kourbeus, dont les vertus curatives sont célèbres dans le monde arabe et qui sont comparables à celles de Bourbonne-les-Bains ou de Bourbon l'Archambault.