L. PERVINQU[ERE
pour le choit Fedjedj, s'est formée une longue cuvette bientôt remplie par des eaux douces. Celte dépression a été peu à peu comblée par les éJjoulis des chaînes bordières, les produits du ruissellemeut et surtoul les apporls éoliens dus au voisinage des grandes dunes de l'erg. Les eaux de ruissellement, lavant les terrains salifères et gypsifères qui affleurent sur les rives, eurent vite fait de rendre saumatres les eaux de ce grand lac. où vivaient des coquilles
Fig. 2;». La COI bcille. Oasis di' NelUi (Type d'oasis siluce dans une dépression 1 iilourèe )iar des dunes de sabl<
d'eau douce, telles que les Melania et les Mclanapsis qui. on le sait, tolèrent les eaux légèrement saumatres. Les Cardiuiu edule y fu renl introduits accidentellement, peut-être par des Oiseaux migrateurs, comme les Palmipèdes, qui ont l'habitude de barboter dans les eaux i)eu profondes, l^ir suite du comblement progressif et do l'évaporalion rapide, les eaux devinrent bientôt trop saumatres pour que les Melania et Mclanopsis puissent continuer à y prospérer ; aussi disparurent-ils, suivis plus tard par les Canlinm, pour lesquels les eaux étaient devenues, non 'pas trop douces, comme
GlîOLOGIE
on le disait, mais au contraires trop salées. En effet, l'eau que l'on puise dans les petites flaques des cliotts peut renfermer jusqu'à loi grammes de matière solide par litre ; c'est à-dire que toute vie animale devient impossible, quand la solution saline atteint ce degré déconcentration. Les cliotts continuent du reste à se combler et se desséclier. La preuve en est qu'en 1831, près d'El Menzof, les Chevaux avaient de l'eau jusqu'au poitrail, au dire deTissot. Quand
Fig. 'M. -- Le laj tie Ti-luiint; au siul des (Jliulls (excédent de reau des sources qui créent TOasis).
j'ai traversé les chotts. en avril 1900, je n'ai pu apercevoir la moindre nappe d'eau (lig. 28); il y en avait cependant, au dire des indigènes, dans le Sud-Ouest.
Mais alors, si les cliotts ne sont pas les restes d'une ancienne mer isolés depuis les temps historiques, que faire du fameux lac Triton des anciens géographes ?Le plus sage serait peul-ôtre de le laisser au rang des légendes. Cependant on peut hasarder une autre explication, entre nombreuses autres. Dès 182o, Manncrt avait émis l'idée que le Triton n'était autre que le golfe de Gabès actuel. Celte opi-
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nion pourrait bien èlre la vraie, à la condition de supprimer le niul actuel, ce qui, à vrai dire, en change notablement le sens ou du moins la portée. Nous savons que Pomel a constaté, non pas un exhaussement à l'époque historique, mais au contraire des traces très nettes d'un affaissement. Il lui paraît certain, d'après la constitution de Djerba et des Kerkennali, que ces îles faisaient partie du continent à une époque relaliveujent récente et n'en ont été séparées que par suite de ce léger affaissement. Or, si on considère une carte marine, on remarque l'existence, entre ces îles et la côte, d'une dépression régulière bien indiquée par la courbe de 20 m- ; on voit en outre la courbe de 50m. dessiner un sinus rentrant très accentué, correspondant manifestement à un chenal. Ce chenal serait, dans l'hypothèse, l'entrée de l'ancienne baie, limitée elle-même par la courbe de 20 m environ. Et si nous ne retrouvons plus l'antique Triton, c'est (|u'il serait sous les ffots de la .Méditerranée.
Par ce rapide exposé, j'ai montré que seuls les terrains sédimentaires concourrent à former le sol tunisien et que certains d'entre eu.\ possèdent une valeur économique considérable. Aussi ne peuton se refuser à admettre que s'il est un pays qm doive beaucoup à la géologie, c'est assurément la Tunisie ! Mais, si des résultats importants sont déjà acquis, le champ reste largement ouvert aux investigations futures. Puissent ces lignes engager quelques jeunes géologues à aller poursuivre les recherches commencées !
r.LICUE PfcKMNyi-ltME
Fig. .U. — ASPECT OHDINAIKK DE LA VÉGÉTATION EN TINISIE MOYENNE.
I}u's50iis divers ; Caroubier à haute li^e ; Caclus iiaUiralisés.
Vue prise dans le Djebil Baigou.
LA YÉGÉTATIOX NATURELLE