‹ La Tunisie au début du 20me siècleChapitre 28 sur 61 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Ghéloniens. — Sans parler de la Caouaue {Thalassochebjs corticata), qui est commune dans la Méditerranée, et de la Tortue luth iSpargis coriacen), qu'on trouve aussi parfois sur les côtes, on connaît eu Tunisie trois espèces continentales. La Torlue de terre iTestudo inauritanivn} est très répandue dans la zone littorale et sur les Hauts-Plateaux; on l'expédie en France par quantités considérables. La Tortue d'eau {Eings leprosa, fakroum) n'est pas moins abondante dans les mêmes régions; elle est aussi l'objet

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d'une active exportation en France. La Cistude d'Europe {Emiis orbicularis) est confondue avec cette dernière, dont elle a le genre de vie, mais elle est beaucoup plus rare.

Sauriens. — Ils sont très abondants, mais aucun d'eux n'est venimeux ni redoutable en quoi que ce soit ; tous sont parfaitement inoflensifs. On en compte plus de '2.0 genres, pour la plupart dillérents de ceux d'Europe. Le Caméléon (Chamieleon vulgaris) existe partout où il y a des arbres, même dans les oasis du Sud. Le Varan {Varanus arenarius, ourane) est le plus grand Lézard de Tunisie ; il atteint souvent un mètre de longueur. De taille élancée, de teinte jaune sale, pourvu d'une longue queue effilée, il court avec une très grande agilité, chassant les Criquets et aussi, dit-on, la Vipère cornue. Il se tient dans les déserts, au milieu des sables, dont il a la couleur.

Le Fouette-queue ou Lézard des Palmiers [Uro)nastix atantliimiriis, dcubh) n'est pas moins intéressant. C'est encore un animal déserticole, mais notablement plus petit que le \'aran, massif et pourvu d'une queue courte, large et déprimée ; celle-ci est formée de 19 verticilles de larges squames munies chacune, au uiilieu du bord postérieur, d'une épine très acérée. Ce Saurien présente encore la singularité d'être herbivore. Une espèce très voisine (6'. spi n i pcs ), ahomhmle en Egypte et ayant 20 à 23 ver! i ticilles à la queue, s'avance jusque dans le sud de l'Algérie; elle doit donc se rencontrer aussi dans la Régence. Les .Agames (Agama agiliti) sont plus petits et sans épines à la queue ; ils sont communs dans tout le Sud.

Les Geckos sont reconnaissables à leurs doigts aplatis, dilatés en raquette et munis à la face inférieure d'un organe particulier qui leur permet d'adhérer aux surfaces lisses verticales ou même de marcher le long des plafonds. La Tarente (/'/a?//(/a(7 ///*/.< maurltanicus) est le type de ce groupe; on la trouve partout, du littoral au désert: elle recherche les habitations de l'Homme. Un type voisin (/'/. )iegki:tu>t) est spécial au désert. Les Cténodaclyles et les Hémidactyles appartiennent encore à ce groupe, mais leurs pelotes adhésives sont bien moins développées.

Aux LACERimÉs se rapportent le grand Lézard ocellé du Sud de l'Europe (fMcerta ocell(na),{\[ii descend jusqu'au Sahara, et le Lézard

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des murailles (/>. muralis). Les Acanthodaclyles {Acanthodactylus boskianus, A. sruteUatus, A. pardalh et -1. lulyaris} habitent les déserts, mais remontent plus ou moins vers le Nord, notamment le dernier.

. Les ScixcoïDiENS ont dans la peau de petites écailles osseuses, qui donnent à leur tégument un aspect lisse et brillant. Le Gongyle (Gongijhis ocellatus) est excessivement commun dans toute la Tunisie, depuis la mer jusque dans les oasis sahariennes. Le Scinque {Scincus officinalis) est plus cantonné dans les régions sableuses; on l'employait dans l'ancienne médecine et les Arabes l'utilisent encore comme antivenimeux et aphrodisiaque. Le Seps chalcides, à pattes rudimentaires, et l'Orvet {Anguis fragilis). totalement privé de pattes, sont communs dans le Nord, parmi les pierres et les broussailles; tous deux sont aussi d'Europe.

Ophidiens. — Olivier énumère en Algérie 18 espèces de Serpents, réparties en 11 genres et dont la plupart ont été retrouvées eu Tuni.sie; une étude méthodique des Reptiles de cette dernière contrée allongerait encore la liste des formes communes aux deux pays.

Les Aglyphodontes ou Serpents non venimeux comprennent la Couleuvre vipérine [Tropidonotus riperinus), très répandue au voisinage des eaux, depuis la mer jusque dans les oasis : on la voit souvent dans le fontl des oueds et des cliotts. guettant sous l'eau le passage de quelque proie. D'autres Couleuvres [Corondla curullata, Zamenis algiru-^, Z. hippocrepis) sont connues aussi; ou trouvera probablement la Couleuvre à collier d'Europe (Tropidonotiis natrix) €n Kroumirie.

Les Opisthoglyphes, bien que venimeux, ne sont pas redoutables, leurs dents à venin étant situées dans le fond de la bouche. La Couleuvre de Montpellier (Cœ/opc///.s insigitUu>!). qui atteint deux mètres et plus de longueur, est commune dans les régions cultivées, mais ne s'avance pas dans le désert: elle y est remplacée par deux autres espèces, dont lune est du même genre (C. producta) et l'autre d'un type difïérent [Pmmmophis sibilans, zeurig).

Les Protéroglyphes n'ont qu'un seul représentant, mais il est d'importance. C'est le redoutable bouftira des indigènes [Naja haje), proche parent du fameux Serpent à lunettes ou Cobra (Naja tripudians} de Perse et de l'Iude. Le Naja de Tunisie et d'Egypte a

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communément deux mèlres el plus de longueur; ses deux dents à venin sont fixes et situées à la partie antérieure de la mâchoire supérieure ; son cou peut se dilater considérablement, mais ne porte pas de taches en forme de face-à-main. Il est répandu dans toute la Tunisie méridionale. Sa piqûre est ordinairement mortelle ; aussi les charmeurs aïssaouas qui l'exhibent dans les cafés maures, dans les souks ou sur les places publique^, ont-ils eu soin au préalable de lui arracher les crochets à venin.

Les SoLÉNOGLYPHES sont de moins grande taille, mais ne sont guère moins dangereux. Leurs dents venimeuses sont encore à la partie antérieure de la bouche, mais elles peuvent basculer aul(»ur de leur base : dressées et menaçantes (juand l'animal a la gueule ouverte, elles se couchent progressivement en arrière, contre le palais, à mesure que celle ci se ferme. Les Cérastes, dont chaque œil est surmonté d'une corne, sont communs dans le Sahara ; ils se dissimulent dans le sable, dont ils empruntent la teinte, et sont d'autant plus à craindre qu'ils passent le |»lus souvent inaperçus. La Vipère à cornes {Ceraslcs rornutns. lefaà) abonde aussi en Egypte; c'est, pense-t-on, le Rei)tile avec lequel Cléopàlre s'est donné la mort. La Vipère minute (f. ripera] fréquente les mêmes localités. Citons encore Vlù-ltis rariitala, qui n'a pas plus de (t"'50 à à 0'"60, et la Vipeni lehetlnn, qui atteint l'"iJO. La Vipera anunodytes, petite espèce du Sud de l'Europe, se rencontre dans l'Est de l'Algérie el se retrouvera sans doute aussi en Tunisie, dans le massif montagneux du Nord -Ouest.

r..\TlL\ClENS

On constate encore ici de grandes allinités avec la faune européenne. Parmi les Anoliu:s, on observa le Crapaud vert (Bufo viri- (lis), le Discoglosse [Diacoglossus pic(us), la Rainette (Hi/Ia arboreo) et une espèce indigène, le gros Crapaud panthérin (Bufo mauritani nis, ingourgot). La Creiu)uille verte (Ktina esculcnta), qui abonde en Algérie, et le Crapaud commun [Ihifo vuhjariK), qui s'y montre aussi, devront se rencontrer en Kroumirie.

On n'a encore signalé aucun L'rodèle. Enregistrons comme espèces probables notre Salamandre tachetée d'Europe [Salamandra maciilosa) et un Triton particulier (MoJgc l'oircti).

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