L. Pi:i!VI.\UL'IERK
bien diffère nies suivant quil possède l'un ou lautre faciès ; tandis que les marnes ont ètè nivelées avec facilité, les dolomies, fréquentes dans la région méridionale, contribuent à former de puissantes montagnes, telles le Semmama et le (Ihaâinbi, le géant de la Tunisie, encore qu'il ne dépasse pas ICOO mètre?. Dans ce cas, les bancs épais de dolomie. alternant avec des marnes, simulent les marches d'un escalier gigantesque : la teinte rousse quelles affec-
Fig. II. — Fouiii el tîm-lla (Lis bniTcs liiionicnnrs )
tent se change souvent en mauve au coucher du soleil, el alors la montagne entière apparaît violelle.
Le Cièlacé supérieur (tlg. [2. à 14) présente aussi des variations suivant qu'on l'étudié dans le nord ou dans le sud. Ainsi, dans le nord, dominent des calcaires blancs qui rappellent tout à fait la scaglia italienne ; au contraire, dans le sud. les marnes l'emportent en épaisseur et sont couronnées par des calcaires blancs qui. peu à peu. prennent sons rintluence de la lumière, cette belle teinie •dorée qui caractérise tant de ruines romaines. Les marnes, len-
GEOLOGIE
dres et friables, ont offert une proie facile à l'érosiou; aussi sontelles fréquemment nivelées ou d'autres fois entaillées par des ravins fantastiques, dont la profondeur dépasse 100 mètres, qu'il est bien malaisé de fiancliir, surtout après les pluies, sans risquer d'abattre sa monture ou soi-même. Par contre-, les calcaires ont mieux résisté et ont produit des collines blanches, qui portent souvent le nom de Koudiats.
Fis. 12. — L'é.osion ilans les marnes du Crétacé supérieur (Type de vegélalion de ce terrain, pin d'Alcp, genévrier, romarin, diss.)
Ce terrain présente lavaiilage d'être riche en eau d'excellente qualité, et. en outre, ses calcaires sont aussi propres à faire de la chaux que des matériaux de grand appareil, constatation qui n'est pas nouvelle, puisque les Romains l'avaient déjà faite. J'ai en effet été frappé de cette particularité que presque toutes les grandes ruines romaines reposent soit sur le Crétacé supérieur, soit encore, mais plus rarement, sur l'Eocène inférieur, parce que là se trouvaient à la fois de l'eau en abondance et des matériaux de choix.
i\ L. PEUVINQLŒRE
Tel est le cas pour Sbeilla, pour Hnïdia. p )ur Medciii;). p »iir Mdklar et maintes autres ruines.
Knriii, au point de vue géolo-iciue pur, ce terrain oITre un intérêt non moindre; j'y ai en effet rencontré u:ie série dAnmionites trc^ curieuses, dont [plusieurs ne sont connues que dans llnde. J'ai donc été amené à conclure de ce fait que, pendant la dernière partie de l'époque crétacée, existait une gran.ie mer s'étendant de lin le eu Tunisie et permettant aux être- qui l'Iiabitaienl des mi
Fi.. IH. — 1,'iiiicd Shi'ilia. se li-nninaiil en cui de sac au miln'u des cal aires du Lrelare «iipe: iriir
grationsd'un pays à l'autre. Cftie coninuinicalion facili-a dû persister pendant la première partie du Tertiaire, carM. Locard. qui a étudié les Mollusques éocènes de Tunisie, déclare qu'il y a plus d'espè'ces commines entre la Tunisie et l'Inde, qu'entre la Tunisie et ['.Algérie, malgré la conliguilé de ces deux pays.
Passons maintenant aux terrains tertiaires L'Eocène inférieur (fig. 15 à 20) débute par des marnes foncées, à la partie supérieure desquelles se trouve le niveau à plio-^pliate de chaux, dont la puissance et la richesse varient considérablement d'u:« pointa l'autre, niaisqui fait larenienf défaut. Il est parliculièremv'nt bien développé
GKOLOGIE
au Dyr (.le Tébessa (Algérie), à la Kalaat es Snam (1), à la Kalaat el njerda. au Chaketma, mais il existe également, quoique noiablemcnl appauvri au Kef. dans les Ouartan. à la Kes?era, et jusqu'auprès de Béja. J'y reviendrai du reste dans un instant. Au-dessus se dresse une masse de calcaire compact, un peu crislallin el qui parfois est littéralement pélri de coquilles de Foraminifères, auxquels on a donné le nom de Niimmuliles. pour rappeler leur iTssemljlance
Fig. li. — La faille rejet de Jama (Calcaiifs à Inocéranies butant contre lis marnes terminales du Crétacé.)
avec une petite pièce de monnaie, Nummulilns que Pline connaissait déjà et qu'il désignait sous le nom de lentilles pétrifiéis. La roche formée par laccumuliilion de ces petits êtres est très rigide et. par suile. na pu se plier en même temps i|iie les terrains voisins sans se briser. 11 en est résulté la formalion de plateaux légèrement déprimés et limités de toutes paris par tles murailles verticales. C'est à de telles montagnes que les Arabes, fort bons
(I) Si.r la irrande |.hologr3|ihic ifii:. 1' l'àne cl l'arabe se Irouvenl à un niveau un pou inférieur aux couches de phosphate.