‹ La Tunisie de début de XXme siècleChapitre 17 sur 39 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Ghéloniens. — Sans parler de la Caouane (Thalassochelfjs corticata), qui est commune dans la Méditerranée, et de la Tortue luth (Spargis coriacea)^ qu'on trouve aussi parfois sur les côtes, on connaît en Tunisie trois espèces continentales. La Torlue de terre (Testudo mauritanka) est très répandue dans la zone littorale et sur les Hauts-Plateaux; on l'expédie en France par quanlités considérables. La Tortue d'eau (Emys leprosa, fakroum) n'est pas moins abondante dans les mêmes régions; elle est aussi l'objet

d'une active exportatioQ en France. La Cistude d'Europe (Emys orbicularis) est confondue avec cette dernière, dont elle a le genre de vie, mais elle est beaucoup plus rare.

Sauriens. — Ils sont très abondants, mais aucun d'eux n*est venimeux ni redoutable en quoi que ce soit ; tous sont parfaitement inoilensifs. On en compte plus de ^ genres, pour la plupart différents de ceux d'Europe. Le Caméléon (Chamœleon vulgaris) existe partout où il y a des arbres, même dans les oasis du Sud. Le Varan (Varanus arenarius, ourane) est le plus grand Lézard de Tunisie; il atteint souvent un mètre de longueur. De taille élancée, de teinte jaune sale, pourvu d'une longue queue effilée, il court avec une très grande agilité, chassant les Criquets et aussi, dit-on, la Vipère cornue. Il se tient dans les déserts, au milieu des sables, dont il a la couleur.

Le Fouelte-queue ou Lézard des Palmiers (Uromastix a^anthinurus, deubb) n'est pas moins intéressant. C'est encore un animal déserticole, mais notablement plus petit que le Varan, massif et pourvu d'une queue courte, large et déprimée ; celle-ci est formée de 19 verticilles de larges squames munies chacune, au milieu du bord postérieur, d'une épine très acérée. Ce Saurien présente encore la singularité d'être herbivore. Une espèce très voisine (U. spinipes), abondante en Egypte et ayant 20 à 23 vertiticilles à la queue, s'avance jusque dans le sud de l'Algérie; elle doit donc se rencontrer aussi dans la Régence. Les Âgames (Àgama agilis) sont plus petits et sans épines à la queue ; ils sont communs dans tout le Sud.

Les Geckos sont reconnaissables à leurs doigts aplatis, dilatés en raquette et munis à la face inférieure d'un organe particulier qui leur permet d'adhérer aux surfaces lisses verticales ou même de marcher le long des plafonds. La Tarente (Platyddctylus mauritanicus) est le type de ce groupe; on la trouve partout, du littoral au désert; elle recherche les habitations de l'Homme. Un type voisin (PI. neglectus) est spécial au désert. Les Cténodactyles et les Hémidactyles appartiennent encore à ce groupe, mais leurs pelotes adhésives sont bien moins développées.

Aux Lacertidés se rapportent le grand Lézard ocellé du Sud de l'Europe (Lacerta ocellata), qui descend jusqu'au Sahara, et le Lézard

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des murailles (L. muralis). Les Acanthodactyles (Àcanthodactylus boskianus, A. scuteUatus^ A. pardalis et .4. vulgaris) habiteat les déserts, mais remontent plus ou moins vers le Nord, notamment le dernier.

Les SciNcoïDiENS ont dans la peau de petites écailles osseuses, qui donnent à leur tégument un aspect lisse et brillant. Le Gongyle (Gongylus ocellatus) est excessivement commun dans toute la Tunisie, depuis la mer jusque dans les oasis sahariennes. Le Scinque (Scincus officinalis) est plus cantonné dans les régions sableuses; on remployait dans l'ancienne médecine et les Arabes l'utilisent encore comme anti venimeux et aphrodisiaque. Le Seps chalcides^ à pattes rudimentaires, et TOrvèt (Anguis fragilis), totalement privé de pattes, sont communs dans le Nord, parmi les pierres et les broussailles; tous deux sont aussi d'Europe.

Ophidiens. -- Olivier énumère en Algérie 18 espèces de Serpents, réparties en il genres et dont la plupart ont été retrouvées en Tunisie; une étude méthodique des Reptiles de cette dernière contrée allongerait encore la liste des formes communes aux deux pays.

Les Aglyphodontes ou Serpents non venimeux comprennent la Couleuvre vipérine {Tropidonotus viperiniis), très répandue au voisinage des eaux, depuis la mer jusque dans les oasis ; on la voit souvent dans le fond des oueds et des chotts, guettant sous l'eau le passage de quelque proie. D'autres Couleuvres (Coronella cucullata, Zamenis algirus, Z. hippocrepis) sont connues aussi ; on trouvera probablement la Couleuvre à collier d'Europe (Tropidonotus natrlx) «n Kroumirie.

Les Opisthoglyphes, bien que venimeux, ne sont pas redoutables, leurs dents à venin étant situées dans le fond de la bouche. La Couleuvre de Montpellier (Cop/ope/^ts imigniius),(\\x\ atteint deux mètres et plus de longueur, est commune dans les régions cultivées, mais ne s'avance pas dans le désert; elle y est remplacée par deux autres espèces, dont l'une est du même genre (C. producta) et l'autre d'un type différent (Psammophis sibilans, zeurig).

Les Protéroglyphes n'ont qu'un seul représentant, mais il est d'importance. C'est le redoutable bouftira des indigènes (Naja haje), proche parent du fameux Serpent à lunettes ou Cobra (Naja tripudians) de Perse et de l'Inde. Le Naja de Tunisie et d'Egypte a

commuoément deux mètres et plus de longueur;' ses deux '^'*Mts à venin sont fixes et situées à la partie antérieure de la mà- Mre supérieure ; son cou peut se dilater considérablement, mais porte pas de taches en forme de face-à-main. Il est répandu is toute la Tunisie méridionale. Sa piqûre est ordinairement rtelle ; aussi les charmeurs aïssaouas qui l'exhibent dans les es maures, dans les souks ou sur les places publiques, ont-ils soin au préalable de lui arracher les crochets à venin, .es SoLÉNOGLYPHES sout de moins grande taille, mais ne sont îre moins dangereux. Leurs dents venimeuses sont encore à la tie antérieure de la bouche, mais elles peuvent basculer autour leur base : dressées et menaçantes quand l'animal a la gueule ^erte, elles se couchent progressivement en arrière, contre le ais, à mesure que celle ci se ferme. Les Cérastes, dont chaque est surmonté d'une corne, sont communs dans le Sahara ; ils lissimulent dans le sable, dont ils empruntent la teinte, et sont utanl plus à craindre qu'ils passent le plus souvent inaperçus. Vipère à cornes (Cérastes cornutus, lefaâ) abonde aussi en ^^pte; c'est, pense-t-on, le Reptile avec lequel Gléopàtre s'est iné la mort. La Vipère minute (C. vipera) fréquente les mêmes alités. Citons encore VEckis carinata, qui n'a pas plus de 0n>50 à ™60, et la Vipera lebetina, qui atteint l™oO. La Vipera ammodytes^ ite espèce du Sud de l'Europe, se rencontre dans l'Est de TAIgéet se retrouvera sans doute aussi en Tunisie, dans le massif ntagneux du Nord-Ouest.

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