HISTORIQUE
Les plus anciennes données que nous possédions sur la géologie de la Tunisie, remontent au XVIII"- siècle. A cetle époque, deux naturalistes français, Peyssonel et Desfontaines, parcoururent ce pays, et, quoique ils se soient spécialement occupés de botanique, ils nous ont fourni divers renseignements géologiques, spécialement sur les sources thermo minérales. Shaw, qui visita la Régence un peu plus tard, ajouta quelques détails à ceux rapportés par ses devanciers et figura divers fossiles ramassés par lui. Mais ce n'est que dans le dernier quart du XIX* siècle que nous avons acquis des connaissances un peu précises sur ce sujet. Nous en sommes redevables à Pomel, en particulier, qui parcourut la côte orientale en 1877 et à divers géologues italiens. A la suite de rétablissement de notre protectorat, le Ministère de l'Instruction publique organisa une mission scientifique dont faisaient partie trois géologues : MM. Rolland, Thomas et Le Mesle. Quoique aucun d*eux nait encore publié une étude d'ensemble, nous connaissons, par une série de notes, lès principaux résultats de leurs travaux, résultats qui ont été totalisés par M. Aubert, dans sa Carte géologique provisoire, publiée en 1892. Enfin, en 1897, M. le Ministre de l'Instruction publique voulut bien me confier une mission, à Tefîet
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d étudier la géologie du centre tuaisiea, qui avair été un peu négligé; c*est daas ces conditioDsqu 3 j'ai, p^niant trois années, parcouru la Tunisie centrale et dressé une carie au 1/200.000 qui vient d'être éditée. C'est donc Tensemble des travaux de mes devanciers et des miens propres que je vais résumer très brièvement (l).
Fig. 2. — Contact du Trias (marnes bariolées) et du Crétacé supérieur.
TERRAINS SEDIMENTAIRES
Abordons donc immédiatement l'étude des terrains en commençant par les plus anciens. Les terrains primaires n*existent pas dans la Tunisie proprement dite; mais, dans une île du groupe de la Galite, on observe des schistes, des grès et des calcaires,
(l) Pour la Bibliographie géologlqua complète de la Tunisie, voir moa Étude ghlogique de la Tunisie centrale, 1 vol. in-i% p. II-3j9, 3 pi., 42 fig.« SôiUust rations photographiques, 1 carte géologique au i/2<)0.000.
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que Reoou considérait cooiine jurassiques, tandis que Issel les assimile au Silurien de Sardaigae, parce qu'il y a trouvé des Crinoldes et des coquilles ressemblant à celles des Bellerophon. Ces couches sont du reste très redres-iées et modifiées par des éruptions récentes. Ce serait le seul témoin en Tunisie de ce grand continent méditerranéen, aujourd'hui elTondré, dont il reste des traces en divers points de la côte algérienne.
Fig. 3. — Les couches du ^Crétacé supérieur verlicalea au voisinage du Trias.
Aucune autre formation d'ûge primaire n'a encore été signalée en Tunisie el, en particulier, le Carbonifère y est inconnu.
Le terrain le plus ancien que nous trouvons ensuite est le Trias, du reste assez répandu (fig. 2 et 3). Les argiles bariolées qui le composent avaient dès longtemps attiré lattention; mais, comme elles se présentent dans des conditions peu favorables pour l'étude, leur véritable nature avait été méconnue et on considérait le gypse qu'elles renferment en abondance, comme d'origine éruptive. En réalité, il n*en est rien et les fossiles que j'y ai rencontrés en quelques points, attestent l'origine sédimentaire et
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l'âge Iriasique rie cetle formalioD. Celle-ci affleure sur de vastes surfaces dans la région du Kef; et, si des sondages devaient être entrepris pour atteindre le Carbonifère, c'est là qu*iis auraient le plus de chance de réussir. D*aprës ce que nous savons sur l'extension du Carbonifère en Sardaigne, d'une part, en divers poinis de TAfrique du nord d autre part, il est permis de supposer qu'il existe sous la Tunisie et qu'un forage
Fig. 4. — Le Zaghouan et le Kohol (Lias) vus du Djoukkar. (Dans la>laine, Crétacé Inférieu", type. du nord de la Tunisie.)
suffisamment profond le rencontrerait. Renfermerait-il de la houille? Cela est plus douteux. '
Revenons donc au Trias. Ce terrain possède, chose étrange, une influence à la fois utile et néfaste; utile, car, ainsi que j'ai pu le constater, il a été le véhicule habituel des minerais de zinc, qui sont une des richesses de la Tunisie, et en outre, le gypse qu'il renferme constitue une excellente pierre à plâtre, — néfaste, carjes argiles étant imprégnées de sel, toutes les eaux qui en sortent sont impotables; mais l'homme a su tirer profit de cet inconvénient môme et aux Salines, près du Kef, les
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eaux Iriasiques sont évaporées et ainsi utilisées à la production du sel. Ces argiles bariolées, très faciles à affouiller, sont le plus souvent nivelées ou découpées par de profonds ravins, qui en rendent le parcours très difficile. Leur surface est généralement dénudée et il n'y pousse que quelques broussailles.
Vi^, 5. * La grande faille du Zagbouan (Calcaires iiasiqucs.)
Le Jurassique ne se rencontre que dans le nord ou l'exlréme sud. Dans le nord, le Jurassique inférieur consiste en une niasse considérable (Le calcaires foncés, durs, mal stratifiés, qui sont recouverts par les calcaires rougeâlres, grumeleux du Jurassique supérieur (fig. 4 à 7). Ce terrain jurassique présente une grande im-
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Fig. 6. — La grande faille du Zaghouan et le Rass ei Gassaâ (Calcai.es liasique;*.)
Fig. 7. U failk' du Fkiiino (Calcaires de l'Kocènc inférieur au pied de la fiiluise iia^iqt.e.)
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portance orographique, car il forme Tossalure des principales montagnes avoisinant Tunis; parmi elles, je citerai en première ligne le Zaghouan, dont tous les touristes connaissent les ciuics aiguës, puis le Djoukkar, le Bou Kournin. Les calcaires très rigides qui forment ces montagnes, n'ont pu se plier et se sont cassés; ainsi se sont produites de nombreuses failles, dont la plus remarquable est celle du Zaghouan ; celle-ci a occasionné une muraille verticale
Fig. 8 — La selle du Djebel e« Se.dj (Crétacé inféiieur, type cential.)
de plusieurs centaines de mètres, limitant la montagne au sudest qui est de l'effet le plus grandiose (f}g, 5-7).
Ce terrain jurassique a aussi une certaine valeur économique, car il fournil le sbelles sources du Djebel Zaghouan et Dj. Djoukkar, qui alîmenlent Tunis et furent jadis captées au profit de Carthage. Ses calcaires constituent de bons matériaux dé conslruction, susceptibles même d'être exploités comme marbres en quelques endroits, comme au Dj. Oust. Du resle, au flanc du Dj. Klab, j'ai reconnu une carrière romaine d'où Ton exiravait un marbre veiné
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de vert pardu carbonate de cuivre, d*un bel effet oroemental, marbre dont j'ai retrouvé des débris dans les ruines voisines de Thuburbo majus.
Les terrains crétacés, qui viennent ensuite, remportent de beaucoup sur les terrains jurassiques, au point de vue de leur extension. Ils se présentent sous deux aspects bien différents, suivant que l'on envisage le nord ou le sud de la Régence. Dans le nord, le Crétacé
Fig. 9. — Le Ksar Lcmsa et le Kef Mencliir (Crétacé inférieur.)
inférieur est entièrement formé de marnes grises ou noirâtres, avec des inlercalalions de grès ou de calcaires marneux. Dans cet ensemble, on rencontre certains fossiles, en pai ticulier des Ammonites, qui offreni de grandes analogies avec celles que Ton recueille au même niveau en Provence. Les bancs calcaires intercalés peuvent, par calcination, donner soit du ciment, soit de la chaux hydraulique. Dans le centre, le Crétacé inférieur est tout autre (fig. 8, 10, 23, 2i); il consiste en marnes gréseuses surmontées par de puissants bancs de calcaires foncés ou de dolomies, qui ont une
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grande importance géographique, car ils foraient la plupart des moutagnes de la région centrale et en particulier les petits dômes de l'Ouest. De fort belles sources jaillissent parfois de cette formation : telles sont par exemple, celles du Bargou, que l'on vient de capter pour Talimentation de Tunis, les eaux du Zigliouan et du Djoukkar étant devenues insuffisantes. .\u point de vue culturaL
FIg. 10. — Une des (iiilles-rejuls du Bargou (Les derniers bancs du CiTlacé inférieur.)
on peut dire que son rôle est nul : parfois quelques broussailles, mais bien souvent aussi le roc nu.
La partie moyenne du Crétacé, que les géologues désignent sous le nom de Cénomanien, consiste dans le nord en alleraaiires de marneset calcaires supportant une maigre végétation arborescente, tandis que dans le sud, elle comprend des marnes foncées, soit seules, soit surmontées par de gros bancs dolomitiques. Là, point de sources, ou des sources insignifiantes et de mauvaise qualité, et seulement quelques pâturages. Par contre, c'est le paradis des collectionneurs, par suite de l'abondance et de la variété des fossiles qu'on y ramasse. Les formes extérieures qu'affecte ce terrain sont
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bien difléienles suivaiit qu'il possède l'un ou l'autre faciès ; tandis que les marnes ont été nivelées avec facilité, les dolomief!, fréquentes dans la région méridicnale, contribuent à former de puissantes montagnes, telles le Scn.mama et le Chaâmbi, le géant de la Tunisie, encore quil ne dépasse pas KCO nièlres. Dansée cas, les bancs épais de dolomie, ciKernaLt avec des marnes, simulent les marches d'un escalier gigantesque ; la teinte rousse qu'elles alTec-
FfK. 11. — Foam el GuelU (Les barres laronienncs )
tent se change souvent en mauve au coucher du soleil, et alors la montagne entière apparaît violel'e.
Le Crétacé supérieur [C}g, li à 14) présente aussi des variations suivant qu'on l'étudié dans le nord ou dans le sud. Ainsi, dans le nord, dominent des calcaires blancs qui rappellent tout à fait la scaglia italienne ; au contraire, dans le sud, les marnes remportent en épaisseur et sent couroi nées par des calcaires blancs qui, peu à peu, prennent sous rinfluence de la lumière, celte belle teinte doiée qui caractérise tant de ruines romaines. Les mai nés, len-
dres et friables, ont olTert une proie facile à l'érosion; aussi sontelles fréquemment nivelées ou d'autres fois entaillées par des ravins fantastiques, dont la profondeur dépasse 100 mètres, qu'il est bien malaisé de franchir, surtout après les pluies, «ans risquer d'abattre sa monture ou soi-même. Par contre, les calcaires ont mieux résisté et ont produit des collines blanches, qui portent souvent le nom de Koudiats.
.Fig* iî> — L'érosioo dans les marnes du délacé supéiiear (Type de végétation de ce lerrain, pin d'AIrp. genévrier, romarin, diss.)
Ce terrain présente l'avaulage d'être riche en eau d'excellente qualité, et, en outre, ses calcaires sont aussi propres à faire de la chaux que des matériaux de grand appareil, conslatalion qui n'est pas nouvelle, puisque les Romains l'avaient déjà faite. J'ai en effet été frappé de celte particularité que presque toutes les grandes ruines romaines reposent soit sur le Ciétacé supérieur, soit encore, mais plus rarement, sur l'Eocène inférieur, parce que là se trouvaient à la fois de l'eau en abomlance et des matériaux lîe choix.
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Tel est le cas pour Sbeilla, pour Huïdra, pour MeJeina, pour Maktar et maintes autres ruines.
lilnAn, au poiut de vue géologique pur, ce terrain olTre un intérêt non moindre ; j'y ai en effet reuconlré une série dWmmouites très curieuses, dont plusieurs ne sont connues que dans l'Inde. J'ai donc été amené à conclure de ce fait que, peudant la dernière partie de répoque crétacée, existait une grande mer s'éteudant de rinde en Tunisie et permettant aux êtres qui Thabilaient des mi-
Fis. 13. — L'oued Sbeilla, se Urrainanl en col de sac au milieu des calcaires du Crélacé Pupé.ieur.
grations d'un pays à l'autre. Celle communication facile a dû persister pendant la première partie du Tertiaire, carM. Locard, qui a étuilié les Mollusques éocènes de Tunisie, déclare qu'il y a plus d'espèces commîmes entre la Tunisie et l'Inde, qu'entre la Tunisie et l'Algérie, malgré la coiUiguilé de ces deux pays.
Passons maintenant aux terrains lerliaires L'Éocène inférieur (fig. 15 à 20) débute par des marnes foucées, à la partie supérieure desquelles se trouve le niveau à phosphate de chaux, dont la puissance et la richesse varient considérablement d'un pointa l'autre, mais qui fait rarement défaut. Il esl particulièrement bien développé
au Dyr de Tébessa (Algérie), à la Kalaat es Snam (1), à la Kalaat el Djercla,auChaketina, mais il existe également, quoique notablement appauvri au Kef, dans les Ouartan, à la Kessera, et jusqu'auprès de Béja. J*y reviendrai du reste dans un instant. Au-dessus se dresse une masse de calcaire compact, un peu cristallin et qui parfois est littéralement pélri de coquilles de Fora m i ni f ères, auxquels on a donné le nom de Nummuliles, pour rappeler leur ressemblance
Fig. ii. « La laille-rejel de Jama (Calcaires à laocérames butant contre les marnes terminales du Crétacé.)
avec une petite pièce de monnaie, Nummulites que Pline connaissait déjà et qu'il désignait sous le nom de lentilles pétrifiées. La roche formée par Taccumulation de ces petits êtres est très rigide et, par suite, n'a pu se plier en même temps que les terrains voisins sans se briser. Il en est résulté la formation de plateaux légèrement déprimés et limités de toutes parts par des murailles verticales. C'est à de telles montagnes que les Arabes, fort bons
(1) Sur la grande photographie (fig. 1) l'âne et l'arabe se trouvent à uo niveau un peu inférieur aux couches de phosphate.
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géographes et qui onl un mat pour désigner chaque type de montagne, appliquent le terme de Kalaat (fig. 1, 15, 16, 13) ou encore de Dyr, quand le plateau est notablement allongé. Latéralement, ces calcaires à Nummulites passent à dautres calcaires en bancs minces, qui se comportent tout à fait commi ceux du Crétacé supérieur, avec leqiel oa les a parfois confondus. Cet Eocëne infé-
Fig. 15. — L'escalier permeltanl de grimper sur la Kalaat es Snam (flanc! Nord.)
rieur est encore remarquable par la présence constante d'un niveau d'eau situé à la limile des marnes inférieures et des calcaires qui se traduit par un cordon de sources au pied des murailles nummuliliques. La ville du Kef, par exemple, doit ses eaux claires et abondantes à sa situation au pDiut le plus bas de l'auge que forment les calcaires éocènes du Dyr.
Fig.— 16. U Kalaat et Soam et le Kef er Rbib (Eocéoe inférieur su.*monlant sans disconUnu'é les marnes puissantes du Crétacé terminal.) •
Fig. 17. — Le sommet du Djebel el Guelah (Kef Ghzaaî)
(Calcaires à Nammaliles de TEocène inférieur superposes aux calcaires d.i Crétacé supérieur,
sans interposition de marnes.)
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L Eocène moyen est représenté par des marnes et calcaires grossiers, qui peuvent, suivant le cas, surmonter en concordance l'Eocèiie inférieur ou reposer en transgression sur divers termes du Crétacé. Ces marnes renferment encore une notable proportion de phosphate de chaux, trop friible assurément pour être exploitée dans le centre, mais qui a valu à certaines régions de Tunisie son antique réputation de fertilité ; les nombreuses
Fig. 18. - U Kalaat es Souk (Eocène inférieur.)
ruines romaines d*exploitations agricoles qui parsèment leur surface sont là pour l'attester.
L'Eocène supérieur, qui vient ensuite, est formé de grès calcaires de couleur rousse ou dorée, séparés par des argiles verdàtres (fig. 21). Quand celles-ci sont enlevées par érosion et que les strates sont un peu redressées, il reste une série de petits murs à chacun desquels les Arabes donnent le nom de sif, c'est-à-dire lame de sabre. En quelques localités, cette formation renferme une faune extrêmement riche, qui rappelle tout à fait celle de Biarritz.
Dans le sud, rEocène est tout diQéreat. Dans la chaîne de Gafsa, en particulier, il débute par des marnes noirâtres, renfermant beaucoup de sel et de gypse, auxquelles font suite des alternances de marnes et de calcaires coquilliers, au milieu desquels sont intercalées les couches phosphatées. Le tout se termine par une table calcaire à silex de plusieurs mètres d'épaisseur, mais sans Nummulites (flg. 24) et par une couche de gypse. L'ensemble de cette
Fig. 19. — Le bord de la Kessera (Eocèoe inférieur.)
formation a jusqu'ici été rapporté à TEocène inférieur (Suesso nien), mais, pour diverses raisons qu'il serait trop long de développer ici, je la crois un peu plus récente. Ainsi, tandis que les phosphates de Tébessa et du centre tunisien doivent être attribués à TEocène inférieur, ceux de Gafsa seraient à rattacher à l'Eocène moyen et correspondraient par suite au Calcaire grossier du bassin parisien.
Le Miocène est assez répandu en Tunisie, quoiqu'il u-y occupe pas de vastes surfaces. Les grès de la subdivision inférieure s'ob-
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Fig. 20. I^ sol de l'Hamadel el Kessera cl les dolmen».
Fig. 21. — Les grès de rEoeène sapériear près d'Henchir Meded.
servent jusque dans la région du Kef, de même que les argiles de la parlie moyenne, tandis que les dépôts de l'étage supérieur ne se rencontrent que dans les environs de Bizerte.
Le Pliocène marin est constitué par des grès molassiques, riches en fossiles, qui existent sur la côte orientale seulement. Ces grès ont été utilisés comme moellons pour diverses constructions, en particulier pour le grandiose amphithéâtre d'El Djem. Les fos-
Fig. 22. — Les grès pliocèoes de Kasscrine el le barrage lomaio.
siles qui y sont inclus, ont donné lieu à une singulière méprise. Il existe en outre un Pliocène continental, consistant en accumulations puissantes de grès, de poudingues mal cimentés, de limons, qui couvrent de vastes étendues dans le centre et le sud (flg. 22). C'est dans ces limons rouges que les troglodytes des Matmatas ont creusé leurs demeures, je dirais presque leurs tanières. Quand il est à Tétat gréseux, ce Pliocène renferme une nappe d'eau, qui se manifeste par une ligne de sources au contact de cette formation et de celle sur laquelle elle repose.
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Au Quaternaire marin doivent être attribuées les plages soulevées, particulièrement visibles aux environs de Sousse et de Monastir, où elles atteignent une altitude de 15 ou 20 mètres. On y recueille toutes les espèces qui vivent actuellement dans la Méditerranée avec quelques autres qui en ont désormais disparu, telles que le Strombus méditer raneus.
Sur le continent, Tépoque quaternaire a été marquée par des atterrissements d'épaisseur souvent considérable et de nature assez variable : limons, sables, grès rougeâtres, parfois même véritables conglomérats. Dans le sud, cet ensemble offre une importance exceptionnelle, car ses parties perméables renferment des nappes d'eau qui, dans quelques cas, peuvent devenir artésiennes, comme à Djerba ou à Gabès.
Ces atterrissements quaternaires sont recouverts par une croûte calcaire, une sorte de carapace, qui offre un obstacle sérieux à la culture arborescente. Elle est souvent recouverte par un quaternaire récent, fournissant en général d'excellentes terres arables.