‹ La Tunisie et l'œuvre du Protectorat françaisChapitre 31 sur 52 · DE 1892 A · texte numérisé non relu

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aiilomobiles qui assurent égalemenl le service des voyageurs. Dans la région des oasis, elle utilise même les « méhari )>, montrant ainsi avec quelle souplesse elle s'accommode des conditions générales de la vie tunisienne.

En ce qui concerne les relations avec la métropole, rOffice Tunisien concourt avec la France au paiement d'une subvention à la Compagnie Générale Transatlantique et à la Compagnie de Navigation Mixte qui elïectuent hebdomadairement et dans chaque sens trois traversées régulières et une traversée facultative. D'auti-es services maritimes hebdomadaires relient Tunis, Sfax et Sousse, Tunis et Malte, Tunis et Alger, Tunis et Tripoli.

Enfin, une Compagnie de navigation italienne assure trois fois par semaine les communications entre l'Italie et la Régence.

Toutes ces facilités de communications ont influé sur le mouvement des correspondances postales et déterminé d'année en année un tel accroissement que de 4.300.000 en 1888, la circulation a passé à Si.^OO.OOO en 1900 pour atteindre 41 .100.000 en 1905.

Une progression analogue s'est produite dans les services accessoires de l'Office. Le nombre des mandats-poste délivrés en 1888 n'atteignait pas 135.000, représentant environ 9.000.000 de francs ; en 1905, on en a délivré 700.000, valant 50.180.000 francs. 11 en est de même en ce qui concerne les chargements et recouvremenis.

Quant au service de la Caisse d'Épargne, les résultats n'en sont pas moins remarquable.s. Les fonds disponibles .sont versés à la Caisse française qui les emploie en achat de rentes ou les fait rentrer dans son compte courant à la Caisse des dépôts et consignalions. Par contre, la Caisse Nationale d'Épargne prend k sa charge les frais d'administration de la succursale de Tunisie. Elle verse de ce chef à l'Office des Postes et des Télégraphes une allocation annuelle qui figure au budget du Protectorat pour une somme supérieure à 35. 000 francs et accorde aux agents de l'Administration tunisienne les remises dont profitent leurs collègues de la métropole.

Ici encore, la Direction de l'Office postal a approprié son service aux besoins spéciaux de sa clientèle La centralisation à Tunis du service des retraits de fonds avait souvent ixxu' ellét, en raison de

l'imperfection des moyens de communication, de prolonger les délais de reml)onrsement. Pour obvier à cet inconvénient, les receveurs des autres centres ont été autorisés à effectuer eux-mêmes, et séance tenante, les remboursements demandés par les déposants. A cet effet, le déposant remet son livret au receveur, qui le sert comme un compte courant, mais en capital seulement, lors de chaque opération effectuée. En outre, les opérations sont reproduites siu' un livret de couleur spéciale qui est remis au déposant. Le nombre des livrets do Caisse d'Épargne et le montant des sommes déposées se sont accrus à tel point qu'en 1905 ils atteignaient le chiffre de 26.410, représentant un avoir de 4.343.000 francs.

La clientèle de la succursale tunisienne comprend : 13.759 Français,2.755 musulmans, 2. 127 Israélites et 7.769 étrangers.

Dans les services de banque une fonction nouvelle de la poste est encore à signaler, car elle n'exiote pas dans la métropole. Frappé des difficultés que rencontraient le commerce et les banques pour faire présenter leurs traites à l'acceptation dans des localités éloii^néos où l'on ne trouvait aucun intermédiaire qualitié pour cette opération, l'Oflice Postal a organisé en 1903 un service de présentalion des traites à l'acceptation. Moyennant une taxe d'affranchissement de 25 centimes et une taxe de présentation de 20 centimes, roflice Postal présente ces titres à l'acceptation et les renvoie aux tireurs. De 476 en '1903,1e chiffre des valeurs à l'acceptation atloi- .i^nait 821 en 1905, et il n'est pas douteux, en raison des avantages ainsi offerts au |)iiblic,(jno le nombi'o n'aille en s'accroissant dans l'avenir.

Depuis 1892, l'Oflice Postal assure lui-mrnie le service des colis postaux, (jui dans la HK'tiopolc a r\r conlit'' aux C()ni|)agnies de chemins de fer. Grâce à ses mnlliples et divers modes d'action, il a pu l'or^ainseï- siu' les points du territoire les plus éloignés d(>s voii's b'iTées ou des escales maritimes. Par arabats ou par chameaux il va chercher dans l(»s centres les plus recid(''s, au lai-il normal d(\'^ eolis postaux, les |)roduils indigènes i|iii ne pourraienl supporler de trop loui-ds frai^ de lrans|)orl, et apporter aux habitants de ces régions les objets «juils ni' [)euvenl trouver sur plaov Le servic(^ des colis postaux constitue, à ce double pointde \ue, un moyen très

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pratique de trafic commercial et d'approvisionnement. Le nombre des colis transportés a quadruplé en dix ans et dépasse aujourd'hui 400.000, représentant plus de 2.500.000 kilogrammes de marchandises diverses.

Une autre utilisation très curieuse des bureaux de poste a'été faite dans les régions où ils constituent le premier et unique organe de l'administration du Protectorat.

En raison de la distance qui sépare souvent les électeurs des sections dévote, les abstentions étaient, avant 1905, ti'ès nombreuses. Pour remédier à cet inconvénient, un arrêté résidentiel du 2 janvier 1905, relatif à la réorganisation de la Conférence Consultative, fait participer les bureaux de poste au.\ opérations électorales. L'électeur présente sa carte d'électeur au Receveur des Postes et^lui confie son bulletin de vote enfermé dans une enveloppe blanche. Carte et bulletin sont insérés dans une seconde enveloppe de modèle spécial, qui reçoit la signature du votant, et le tout est transmis par la Poste à la Section de vote. Le Président de la Section confronte les signatures de la carte et de la suscription et dépose dans l'urne l'enveloppe intérieure contenant le bulletin de vote.

Le service des télégraphes s'est développé parallèlement à celui de la poste.

Le réseau s'est progressivement étendu aux régions les plus éloignées des grands centres urbains; il envoie aujoui'd'hui ses ramifications partout, jusqu'aux derniers postes du Sud, jusqu'aux frontières de la Tripolitaine dans l'éventualité d'un raccordement avec le réseau de ce pays.

La longueur des lignes, en 1888, était de 1.907 kilomètres; elle passait, en 1900, à 3.213 kilomètres, pour atteindre, en 1905, 3.G20 kilomètres.

Le nombre des bureaux ouverts au service télégraphique, qui n'était en 1888 que de 26 et en 1900 de 112, est de 145 en 1905.

A ce perfectionnement de l'outillage a correspondu un accroissement le dans nombre des télégrammes échangés. Ce nombre était de 520.000 en 1888, de 950.000 en 1900 et de 1 .09 1 .000 en 1905. La progression est surtout accentuée dans les relations franco-tuni-

siennes, notamment depuis 1897, date qui marque la réduction des tarifs entre la Régence et la métropole.

Enfin, un poste de télégraphie sans til, dont l'organisation se poursuit activement au cap Blanc, de concert avec l'Administration métropolitaine, complétera heureusement les communications électriques de la Régence. Ce poste fera partie du réseau dont le Gou-

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